Le jeudi 15 avril 2010, date qui symbolise la 24ème année de l’agression américano-atlantiste, le Guide de la Révolution, le frère-Colonel Mouammar Al-Kadhafi a tenu à recadrer et clarifier dans son discours commémoratif, devant les membres des comités populaires de base de la région de Syrte, les parlementaires venus de différents pays dans le monde, les diplomates et les invités de la Grande Jamahiriya venus pour l’occasion, les relations que la Libye et le peuple libyen entretiennent avec l’extérieur entre autres avec les Etats-Unis d’Amérique.
Intégral du discours du Guide de la révolution lors de la commémoration du 24ème anniversaire de l’agression américano-atlantiste avortée contre la Grande Jamahiriya – Syrte, 15 avril 2010
Intégral du discours du Guide de la révolution lors de la commémoration du 24ème anniversaire de l’agression américano-atlantiste avortée contre la Grande Jamahiriya – Syrte, 15 avril 2010
« Bonsoir à tous
Ma présence aujourd’hui dans cette région – tout comme il est observé partout dans les autres régions de la Jamahiriya les manifestations du même genre - marque un symbole, celui de l’agression hypocrite de la Grande Jamahiriya en 1986 par l’Amérique et ses alliés occidentaux. Ce jour-là, nous avions compté des victimes parmi lesquels nos enfants et parents.
C’est assurément un anniversaire douloureux d’un point de vue intime; mais c’est aussi un aperçu des positions que peuvent être l’affrontement et les batailles de résistances contre les agressions.
Ce qu’il nous faut souligner en cette journée de commémoration, 24 ans après cet affrontement démesuré qui a atteint les proportions de conflit entre la Libye et l’Amérique, c’est que, c’était tout de même, au demeurant de la Libye, un affrontement glorieux… un petit peuple qui résiste au plus grand et géant impérialiste sur terre, qui le défait… et qui est resté jusqu’à ce jour dans ses frontières… donc la Libye est restée libre et indépendante.
La question qui mérite qu’on s’y attarde est celle-ci : Quels sont les résultats acquis depuis cet événement douloureux jusqu’à nos jours ? En 1986, bien avant et même après cette date, l’affrontement était resté intense et démesuré. Il y avait une situation d’hostilités et de guerre qui nous étaient imposées. Les causes à cela, l’histoire nous les racontera plus que nous ne saurions le faire aujourd’hui. Plus tard, des vérités surgiront beaucoup plus qu’il en est aujourd’hui.
Bien qu’il soit africain, d’origine arabo-soudanaise, ou d’origine musulmane, etc.… il est un homme dont la politique jusqu’ici doit être encouragée et appuyée au possible. Car c’est un homme qui aspire à la paix, qui a tiré un trait sur toutes les sornettes américaines, sur tous les programmes schizophréniques américains que les USA ont menés dans le passé pour martyriser les peuples, avec toutes les fausses querelles qu’ils orchestraient et qui devenaient déjà monnaie courante dans le monde… Cela explique aujourd’hui la raison de notre soutien, c’est une attitude que nous approuvons. J’invite tous les peuples à lui accorder cette main tendue, à l’appuyer dans ses visions politiques. En effet, l’Amérique est une superpuissance dans le monde. Si sa politique est négative, elle le sera pour le reste du monde. Si elle est bonne, c’est aussi le monde qui en tirera profit.
Tant que ce qui est aujourd’hui proposé est un programme pacifique, abstraction faite que c’est parce que c’est Obama qui est Président des USA et que l’Etat en question c’est l’Amérique, il faut dans cette situation réellement l’appuyer. J’ai toujours dit jusqu’ici, car je ne sais pas ce qui adviendra à Obama, que ses politiques méritent l’encouragement. Ainsi, être hostile à l’Amérique parce que c’est l’Amérique, c’est une politique qui n’est pas vigoureuse, ni sage.
Nous devons être constamment hostiles à l’Amérique lorsque les raisons nous poussent à l’être. Au temps de Reagan, nous lui jetions des invectives, nous étions hostiles à l’Amérique étant donné que nous étions dans une situation d’affrontements permanents. Nous incitions le peuple contre l’Amérique. Nous déclarions franchement ce qui devait être déclaré contre l’Amérique. Dans l’affrontement, nous faisions ce qui devait être fait contre l’Amérique. Mais aujourd’hui, l’Amérique d’Obama n’est pas celle de Reagan. Naturellement, ce serait arbitraire de dire aujourd’hui que l’Amérique est demeurée telle qu’elle était avant… telle qu’elle était et telle qu’est par exemple, la politique d’Obama appelant à œuvrer pour que le monde se débarrasse des armes nucléaires. Tous les peuples soutiennent cette politique… il faut la soutenir… il faut l’encourager dans cette politique.
Notre vœu est que se réalise ce rêve qui est celui d’Obama, que le monde soit exempt d’armes nucléaires. C’est quelque chose qu’aucun président américain n’avait proposé auparavant. Aucun d’eux n’avait avant lui proposé d’œuvrer dans ce sens ni d’amorcer un programme de désarmement nucléaire dans le monde. Il y avait autrefois des traités entre l’Union soviétique et l’Amérique concernant la diminution des stocks d’armes nucléaires. Cependant, le programme de Barack Obama consiste à se débarrasser complètement d’armes de destruction massive – bien entendu – que c’est en plusieurs étapes et non tout d’un coup. Ce que je veux dire par-là, c’est le fait que tous les peuples soutiennent le fait de vivre dans un monde dépourvu d’armes de destruction massive. Face à cette politique, on ne saurait s’y opposer. Tout au contraire, il faut le saluer et l’appuyer.
En plus, c’est un homme qui est contre la guerre dont les précédents présidents ont plongé l’Amérique. Il n’est pas un va-t-en guerre. Il a annoncé qu’il se retirera de l’Afghanistan et de l’Irak. Ce qui n’était pas à l’ordre du jour avant lui. Pourtant avant son accession à la tête de l’Amérique, des déclarations fusaient de partout des responsables américains que les USA resteront cent ans en Irak.
Ce qui est ironique dans tout cela, c’est le fait que l’Amérique avant qu’elle ne sombre en Irak, avait un plan d’encerclement de la Russie par le sud, en survivance du plan d’Hitler, dont la stratégie consistait en un piège pour parvenir à Moscou, comme vous le savez.
Rommel était venu en Afrique du nord pour envahir le Moyen-Orient tel que plus tard, l’Amérique planifiera, après l’invasion de l’Irak, l’attaque contre la Russie. Dans cette même logique, Hitler voulait ainsi cerner la Russie - l’Union soviétique à l’époque - en procédant par le sud, en Scandinavie et en mer Baltique par le nord… cette souricière stratégique connue dans la science militaire dans la deuxième guerre mondiale.
L’Amérique avait procédé suivant le même plan, avant l’arrivée d’Obama, avant qu’elle ne sombre en Irak. A toute chose, malheur est bon et Obama est arrivé au bon moment. C’est un mal qui affecte l’Irak… qui affecte la nation irakienne, avec bien entendu ce que cela induit en pertes énormes. Il reste que cette situation a un sens en ceci qu’elle ramène l’Amérique à la raison, qu’elle ne peut évoluer comme bon lui semble dans ce monde.
L’Amérique a sombré en Irak certainement parce qu’elle ne s’y attendait. Elle avait pris les choses aussi facilement qu’elle ne l’imaginait, en passant que dès qu’elle finira d’envahir l’Irak, elle s’en prendra à la Syrie puis à l’Iran et qu’à l’issue de toutes ces percées, elle pourra aisément nettoyer les poches qu’elle aurait laissées derrière elle, comme par exemple la Libye, l’Algérie, le Soudan et tout autre Etat libre. C’était ainsi qu’elle envisageait sa domination sur le monde mais elle avait oublié qu’elle devait sombrer en Irak.
Je dirai que l’invasion de l’Irak est à la fois un malheur et quelque chose qui a de l’utilité par ailleurs malgré toutes les énormes pertes dont souffre le peuple irakien ; elle a ramené l’Amérique à la raison. Et Obama a condamné cette politique dans sa totalité et a annoncé le retrait de l’Irak. Il a fondamentalement condamné l’invasion de l’Irak. C’est cela qui m’amène à demander que le monde le soutienne et l’appuie dans cette logique.
(Ovations de la masse)
C’est bien que les libyens applaudissent un Président américain. C’est formidable ! Cela veut dire qu’il s’est réellement produit un changement dans le monde.
S’il faut parler de l’Afghanistan, c’est pareil. Il a condamné cette guerre et a aussi décidé du retrait américain en Afghanistan. Je crois que l’année prochaine verrait des retraits américains de l’Afghanistan et de l’Irak… il a été jusqu’à également condamné la guerre du Vietnam qu’il a jugé d’erreur grave. Or on sait que la guerre du Vietnam pour les américains est du domaine du sacré qui ne doit pas être condamné. D’un point de vue stratégique, quiconque en Amérique osait critiquer la guerre du Vietnam ne bénéficiait plus d’aucun soutien.
Au plan interne, on a vu comment il s’est battu bec et ongle sur le dossier sur la protection sanitaire. C’est extraordinaire ! C’est quelque chose qui n’a jamais existé en Amérique. On a vu comment il s’est battu pour les pauvres et pour ceux qui ont bien besoin de la couverture santé. Sans doute que le Secrétaire d’Etat, du fait qu’elle soit une femme et qui a autrefois œuvré pour la protection de l’enfance et la couverture santé, et qui est à l’origine de l’ouvrage « une vie que nous avons vécue », pourrait avoir aidé au succès de ce programme.
Toujours sur le plan interne, au lieu de se jeter dans la politique dite de protection du monde ou de la poursuite des terroristes à travers le monde, il a relevé que cela était impossible de supprimer physiquement tous les terroristes dans le monde et donc, qu’il faut sécuriser l’Amérique de l’intérieur. Voila, ce sont des politiques raisonnables qui méritent d’être soutenues.
En ce qui concerne les relations américano-libyennes, Obama a affirmé à plusieurs reprises que ce soit à moi personnellement ou en Italie avec Moussa Koussa (ndlr actuel Secrétaire général du Comité Populaire de Liaison Extérieure et de la Coopération Internationale) ou même lors de la rencontre à New-York… ce qui a été confirmé par le Département d’Etat américain ou par l’Ambassade américaine, que les Etats-Unis d’Amérique sont animés d’intentions sérieuses pour une bonne relation d’amitié et de coopération avec la Libye.
Aujourd’hui, même sans ces bonnes paroles émanant de l’administration américaine à l’encontre de la Libye, je peux dire qu’il n’y a plus de problèmes secondaires subsistant entre la Libye et l’Amérique.
La Libye et l’Amérique, en tant que deux Etats souverains vive sans catégoriquement plus aucun problème après que celui de Lockerbie ait été résolu… il n’y a plus rien en suspens entre nos deux pays.
Et même, si l’Amérique était un Etat impérialiste, cela ne relèverait plus d’un problème du peuple libyen avec l’Amérique. Ce serait un problème englobant tous les peuples du monde. Si l’Amérique est une superpuissance, un Etat puissant, cela ne concerne pas le peuple libyen uniquement. Cela devrait concerner en premier chef la Fédération de Russie, la Chine et le reste du monde. Et si l’Amérique était aux côtés des Israéliens contre les Arabes, cela ne concernerait pas en premier lieu le peuple libyen mais toutes les nations arabes au premier rang duquel la nation Palestinienne.
Je souhaite pour ma part, que nous évoluons notre position; que l’on ajuste les concepts mais que nous restons toujours en état d’éveil. L’Amérique reste toujours l’Amérique, une superpuissance et ses agissements ainsi que ses politiques seront toujours ceux de tout empire comme ce fut au temps de l’empire allemand à l’époque d’Hitler, l’empire français de Napoléon, l’empire ottoman, perse, romain, abbasside et omeyade.
Tous ces empires ont toujours eu des politiques impérialistes. Bien entendu que c’est à prendre au sérieux, mais cela n’a rien à voir dans les relations bilatérales ni dans les relations entre la Libye et l’Amérique. C’est un problème ou une affaire qui concerne tous les peuples de la terre par rapport à l’Amérique et nous ne sommes pas les représentants du reste des peuples dans la résistance face à elle. C’est un problème mondial. Et en tant que problème mondial, c’est quelque chose d’apaisant et un acquis important. Le fait qu’après un quart de siècle dans une si longue bataille, il n’y ait plus de problèmes bilatéraux entre nos deux pays est significatif à nos jours : pas de problèmes sur le golfe de Syrte ni sur les frontières, ni sur le pétrole ou le terrorisme. Les problèmes, quels qu’ils soient, n’existent pas aujourd’hui entre la Libye et l’Amérique. Je peux l’affirmer haut et fort devant le peuple libyen, le peuple américain et le monde entier.
Quant à l’autre aspect, je veux dire, la question des Arabes dont je conduis en ce moment la présidence de la Ligue arabe… la relation entre les Arabes et l’Amérique n’est pas celle qu’entretiennent la Libye et l’Amérique. C’est bien une relation entre la nation arabe d’une part et l’Amérique, de l’autre part. S’il faut parler de cette relation, nous dirons tout court que les Arabes détestent l’Amérique, sans aucun doute. Il n’y a pas un seul Arabe qui aime l’Amérique. Même les dirigeants que l’Amérique considère alliés ou amis, ne l’aiment pas. Cet amour apparent est tout simplement de la supercherie ou alors du pragmatisme en politique. Quelqu’un qui a peur de l’Amérique, pour éviter sa vindicte prétendra qu’il l’aime ; un autre espère que l’Amérique le soutienne économiquement soit en lui octroyant des crédits ou des aides financières ou quelque chose dans ce genre ou qu’elle protège son régime politique. Mais au fond d’eux-mêmes, les Arabes n’aiment pas l’Amérique. Ce n’est pas que de l’Amérique d’Obama, nous parlons de manière générale de celle d’avant lui car la cause a été chèrement entendue.
Quant à la rue arabe, il n’y a aucune hésitation là-dessus, elle déteste souverainement l’Amérique à cause de ses politiques impérialistes dans le passé, comme je l’ai clairement évoqué plus haut. L’empire Ottoman par exemple n’était pas aimé par les peuples qu’il écrasait, ni celui de Napoléon. Les Empires perse, moghol, tatare, genghin-khan, kambiz et korch, ou les empires abbasside, omeyade et fatimide n’étaient aimés par aucun peuple. Les peuples redoutaient leur foudroiement car ils les piétinaient et au cours de leurs incursions, rasaient les terres des populations, les occupaient et les colonisaient.
Donc, c’est connu des impérialistes… leur puissance leur impose cette politique… « L’homme tend à tyranniser s’il est atteint par la folie ». Quand l’homme se sent fort et riche, il se comporte en tyran, c’est de la psychologie. Les Arabes n’aiment pas les Américains et la raison de ce fait est claire à cause de la Palestine. Autrefois, les Arabes détestaient l’Angleterre et l’accusaient d’avoir livré la Palestine aux Israéliens en 1948 [vrai ou faux], les Arabes détestent l’Angleterre pour cela.
Plus tard l’Amérique est intervenue sur la scène et dans la bataille aux côtés des Israéliens contre les Arabes. L’opinion publique arabe a changé vis-à-vis des Américains, les Arabes ont commencé à détester les américains comme ils l’ont fait contre les Britanniques.
Tous les intellectuels arabes détestent l’Amérique, les peuples, les gens ordinaires, tous la détestent mais prétendent être ses amis ou alliés. Ceci n’est qu’hypocrisie pour des raisons que j’ai évoquées plus tôt en les qualifiant de pragmatisme ou d’utilitaire.
La raison évidente qui a fait que les arabes détestent l’Amérique, c’est la question de la Palestine ; bien évidemment après son alignement derrière les Israéliens. C’est là où elle a perdu l’amitié de la nation arabe, puis la rue elle-aussi est devenue son ennemie.
Si les Américains veulent regagner l’estime arabe ou avoir les Arabes comme alliés, ils doivent changer de politique. Aujourd’hui, les Palestiniens sont dans une situation identique à celle des juifs autrefois, lorsqu’ils étaient éparpillés et opprimés.
Le Roi Édouard I, roi d’Angleterre a chassé les juifs de l’Angleterre après les avoir bien persécutés ; ce roi n’était pas Arabe. C’était un anglais et roi d’Angleterre… Tétus et Hadrien ont persécuté les juifs, ce sont des empereurs romains et non arabes.
Les tribunaux d’Inquisition en Andalousie étaient des tribunaux gothiques européens et non arabe. Les Arabes et Juifs ont subi la persécution de l’Inquisition et ils ont été chassés de la Presqu’île Ibérique d’Espagne et d’Andalousie et se sont refugiés dans les pays arabes.
Ce sont les Arabes qui ont accueilli les juifs à l’époque lorsque les romains les ont chassés d’Al-Qods et les ont persécutés. Les Arabes les ont accueillis et leur ont donné des villages tels qu’Oued Al-Qora. Les tribus juives qui étaient en Arabie étaient des tribus chassées à l’époque romaine. Il y avait des quartiers juifs dans chaque pays arabe. Ils avaient des quartiers au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, en Egypte, en Syrie partout dans chaque pays arabe, on entendait des quartiers juifs. Ces quartiers sont apparus après l’expulsion des juifs et arabes d’Andalousie… les arabes les ont accueillis et garantis leur sécurité. Ils n’ont pas persécuté les juifs.
Et enfin, les fours à gaz et l’holocauste ; c’est l’œuvre des Européens, c’est l’œuvre des Allemands et non pas des Arabes. Comment donc l’adversité s’est déplacée vers les Arabes et pourquoi ils veulent satisfaire les juifs sur le dos des Arabes ?
Les Arabes ont refusé la partition de 1947 et aujourd’hui, on dit pourquoi vous l’avez refusé ? Ils ont leur raison. A l’époque, les Arabes étaient démographiquement plus importants que les juifs en Palestine. Et ils ont eu une partie de terre moins importante que celle donnée aux juifs. Donc, les Arabes ont dit, nous sommes la majorité en Palestine, comment vous nous donnez une terre moins importante par rapport aux juifs… voila même qu’aujourd’hui, les juifs se sont tout accaparés, ayant expulsé près de quatre millions de Palestiniens.
L’Amérique doit modifier sa politique si elle veut s’attirer la sympathie arabe – nous parlons maintenant au nom des Arabes – Les Américains doivent regarder le peuple Palestinien comme ils l’ont fait avec les juifs de la diaspora.
Aujourd’hui, c’est le peuple palestinien qui vit dans la diaspora et subit des bombardements des israéliens qui utilisent les avions de combats et les armes les plus sophistiqués pour assassiner des enfants, persécuter le peuple palestinien et détruire les maisons.
Maintenant, il est temps que l’Amérique se mette aux côtés de ce peuple. Ce qui se produit aujourd’hui, c’est l’antisémitisme arabe. Le sémitisme arabe affronte l’adversité de l’Europe, de l’occident au profit des Israéliens.
Si l’occident est terrorisé par l’antisémitisme, nous-aussi, nous sommes des sémites. Le semitisme arabe est persécuté. L’Amérique et l’Europe ne devraient pas appliquer une politique contre le sémitisme arabe et un racisme anti-arabe.
Actuellement, les Palestiniens sont dans une situation où l’Amérique devrait être à leur côté et non pas aux côtés des Israéliens. C’est bien possible, si Barack Obama manifeste son courage et que la politique américaine subisse un profond aménagement en faveur des Palestiniens. Que la Palestine soit souveraine sur la Cisjordanie et la bande de Gaza. Ce sera une ruse qui mettra fin au conflit… et qu’à l’opposé, si des politiciens palestiniens et arabes s’accordent là-dessus en faveur de l’Israël, ils seront considérés comme des traitres et bien évidemment la future génération s’y opposera. Cette génération sera pour la Palestine.
Est-ce que la Cisjordanie et la bande de Gaza n’étaient pas sous notre souveraineté ?! en 1948, les Israéliens n’avaient pas occupé la Cisjordanie et Gaza. La Cisjordanie était sous le contrôle de la Jordanie et Gaza sous contrôle égyptien. Pourquoi, ils n’ont pas constitué un Etat palestinien sur ces territoires ? La raison réside dans le fait que ces deux territoires ne sont pas la Palestine.
Les habitants de Gaza sont sur leur territoire, ceux de la Cisjordanie aussi, mais quatre millions de palestiniens ont été expulsés. Ils doivent y retourner.
L’Amérique doit œuvrer pour le retour au moins des quatre millions d’expulsés palestiniens de 1948.
L’idée de deux Etats, un sur la Cisjordanie, sur la bande de Gaza et un Etat Israélien, relève d’une pensée naïve et ne résoudra pas la question. La Cisjordanie n’est pas la Palestine, Gaza non plus.
La Palestine est cette terre qui se situe entre le fleuve et la mer et sur laquelle doit vivre les Palestiniens et les Israéliens. La solution de cette question réside dans la création d’un seul Etat démocratique, conditionné par le retour des refugiés palestiniens et le nettoyage des armes de destruction massive dans la région.
En outre, la colère des Arabes contre l’Amérique vient de son soutien aux Israéliens et de son silence vis-à-vis de son arsenal nucléaire.
La Libye, l’Iran, la Syrie, l’Egypte et l’Irak sont poursuivis pour l’acquisition d’armes de destruction massive. L’Irak et la Syrie sont attaqués et aujourd’hui regardez ce qu’on fait contre l’Iran. Ils ont alerté le monde entier et déclenché une vaste campagne contre ce pays.
Pourquoi cela ne se fait pas à l’égard du réacteur de DIMONA, avec ses 200 têtes nucléaires ? C’est ce que disent les Arabes. Même si les gouvernants arabes ne bronchent pas, le peuple arabe le clame haut et fort. Il se dit, si l’Amérique était un Etat juste et une superpuissance qui œuvre pour la paix dans le monde, elle devait avoir la même mesure envers les deux parties.
Oui, la Libye ne doit pas avoir d’armes de destruction massive dont elle s’est volontairement débarrassées, la Syrie ne doit pas les avoir non plus, ni l’Irak, l’Iran, l’Egypte et autres. En contrepartie, les Israéliens ne doivent pas aussi disposer d’armes de destruction massive.
Mais non, les Arabes ne sont pas naïfs. Ils voient les américains s’aligner du côté du programme nucléaire israélien. Cette Amérique n’impose pas une inspection de ses installations, ne demande pas son démantèlement et en même temps exige des Arabes, le désarmement.
Bien évidemment, ces paroles sont adressées à notre fils Barack Obama et au peuple américain. Ce jour est d’une part, jour de commémoration d’un douloureux souvenir mais d’autre part, il intervient à un moment où il n’y a pas de problème dans les relations entre les peuples libyen et américain. Les problèmes restent actuellement entre les Arabes et l’Amérique… ce n’est plus un problème avec le peuple libyen et nous ne l’assumerons pas à la place des peuples arabes.
Le problème des Arabes avec l’Amérique est bien clair… le citoyen arabe veut que l’Amérique se range du côté du peuple palestinien. Quant à l’idée d’un Etat en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, c’est une idée rejetée… elle est naïve et ne marche pas ! Il faut créer un seul Etat démocratique, démanteler l’arsenal nucléaire israélien, rapatrier les refugiés palestiniens – ce n’est pas le règlement de la question des refugiés, mais leur retour, leur droit au retour, car il est possible de les liquider, ou de les égorger et dire ensuite que la question est réglée. Les choses doivent être claires.
Notre avis sur ce sujet est contenu dans le Livre Blanc que nous avons présenté au monde. Un appel à la création d’un seul Etat démocratique ou cohabite juifs et arabes, comme c’est le cas aujourd’hui au Liban ou en Afrique du Sud.
L’Amérique ne doit pas suivre le mirage.
Obama ne doit pas marcher dans les labyrinthes empruntés par les anciens gouvernants américains qui ont impliqué l’Amérique au Vietnam, en Irak et en Afghanistan et que celle-ci est devenue une cible pour les terroristes, elle est pourchassée et honnie partout.
En tout cas, s’il veut conduire l’Amérique à la paix et devenir l’ami des peuples et se protéger des attaques terroristes, être à l’abri de violentes réactions mondiales, il doit modifier la politique internationale américaine notamment à l’égard des Arabes. Il doit remettre en cause la politique américaine car les congrès et les accords ont échoué.
On avait dit que « l’étable de David » devait résoudre tous les problèmes. Après « l’étable de David » signé par Sadate, nous avons vu ce qui s’est passé : de milliers de martyrs et de milliers de morts des deux côtés. Ensuite, on nous a parlé de la Conférence de Madrid ; cette conférence qui devait résoudre les problèmes après l’échec de « l’étable de David » tenue entre les plus hauts responsables palestinien et israélien à laquelle même Bégin avait pris part. On avait dit que c’est la première conférence entre responsables arabes et israéliens de haut niveau sous le parapluie international. Après des discussions et des discours, la conférence de Madrid s’était achevée sans résultat. Les choses ont continué comme avant « l’Etable de David » et avant « Madrid ». Puis on nous a présenté « Oslo », en disant c’est bon, il n’y a plus de problèmes entre Palestiniens et Israéliens.
Abou Mezen a conduit des négociations, mais rien n’a changé. C’est davantage de terreurs pour les Israéliens même. Ils ont subi des missiles du Hezbollah et l’action des Fédayins. Ils n’ont pas vécu et ne vivront pas en sécurité de cette manière.
Après c’était le tour de la conférence «d’Annapolis ». Là-aussi, on a dit, c’est la solution définitive. Mais rien n’a changé.
Pour permettre à Obama d’éviter d’emprunter les voies de ces politiques perdantes adoptées par ses prédécesseurs, la politique des conférences qui appellent à créer deux Etats, un palestinien et un autre israélien vivant côte à côte, chose qui est impossible car nous l’avons expérimentée, il n’y a qu’une seule solution, celle d’un seul Etat démocratique.
S’il veut mettre fin à la haine arabe envers l’Amérique, qu’il modifie cette politique au lieu de ruminer les théories révolues qui ont montré leur limite.
Il faut dire qu’il y a trois Etats côte à côte : Gaza, la Cisjordanie et l’Israël actuel. Nous ne pourrions plus parler de deux Etats. Il se peut que la Cisjordanie ou l’autorité palestinienne soit sur le chemin de négociation et peut-être que Gaza emprunte actuellement la voie de la guerre ; ce qui rendrait possible l’accord avec l’un et un désaccord avec l’autre. Donc, même l’histoire de la solution à deux Etats vivant côte à côte n’existera plus. La réalité sera tout autre. Donc aujourd’hui, nous avons trois Etats.
La solution réside dans la prise de position américaine au côté du peuple palestinien pour le retour de ses refugiés. En ce qui nous concerne, si les Palestiniens retournent chez-eux, et si on procède au démantèlement de l’arsenal nucléaire israélien, il n’y aurait plus de problème car les Arabes ne peuvent pas vivre dans l’ombre des missiles nucléaires israéliens même après le règlement de la question de la Palestine.
Il n’est pas possible que les Arabes soient désarmés et qu’au cœur de ses territoires un Etat ennemi détienne des armes de destruction massive. Je pense qu’Obama comprend bien cela, mais hélas, je crois, chaque président américain a peur des juifs.
Moi, personnellement, j’ai dit plusieurs fois que je crains une action des juifs contre la vie d’Obama. Il pourrait que sa fin soit identique à celle de Kennedy, qui a décidé d’inspecter sur les réacteurs de Dimona, ce qui fut la cause de sa mort.
J’ai évoqué cette question aux Nations-Unies et j’ai cité des noms. Peut-être que Barack Obama – Barack Hussein Obama, c’est son vrai nom– subira le même sort. Bien sûr j’ai peur pour lui des Israéliens précisément. Nous prions pour lui car il est notre fils, le fils de l’Afrique. Mais il peut avoir du zèle et décider de l’inspection des réacteurs de Dimona. Il faut se débarrasser des armes de destruction massive.
Les Arabes doivent refuser la paix qui ne s’accompagne pas du démantèlement des réacteurs de Dimona. Tous les pays de la région doivent être désarmés sinon tous les pays du Moyen-Orient doivent entrer dans une phase d’armement nucléaire et ce serait de leur droit.
C’est ce que j’ai voulu dire en général à propos du peuple libyen, du peuple américain et de l’état de relations entre ces différents peuples. Nous attendons voir ce que va faire l’Amérique, la balle est dans son camp. Nous avons confiance en notre fils, nous allons l’aider et le soutenir s’il continue sur la voie de ses politiques pacifistes, raisonnable et sages.
Que Dieu soit loué ! Bonne santé et meilleurs vœux.
1 commentaire:
merci mon cher
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