Par Gilbert Nkamto,
L’Afrique
d’aujourd’hui comme celle d’il y a un demi-siècle ne diffère pas ni selon
l’époque (aucun contraste entre l’époque coloniale, des indépendances et de
l’après-indépendance) ni selon la globalisation telle qu’elle a été orientée
par les USA après la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989
(démocratie : multipartisme, liberté d’expression, alternance).
L’Afrique et
particulièrement l’Afrique francophone se retrouve après toutes ces années
(entre 1945-2014), plus de 69 ans après
en train de subir les mêmes maux comme si le mauvais sort s’était juste emparé de cette partie du continent. Comme
conséquence, elle reste toujours en proie aux conflits politiques inespérés et
empêtrés dans des guerres stériles qui accompagnent l’évolution de cette zone
géographique africaine vers l’abîme.
Ces régions - Afrique CEDEAO, Afrique CEMAC- sont des « zones volcaniques à forte
intensité » dont le « cratère » porte le nom de France. Dès que les volcans sont en activités, les
séismologues c’est-à-dire les locataires de l’Elysée sont les seuls à pouvoir
déterminer s’il faut ouvrir le cratère ou le fermer. Et au fil de l’histoire,
depuis que, par le fait du chaos et des circonstances, l’Allemagne de Hitler a
perdu la Seconde guerre mondiale, la France a continué à escamoter les
richesses africaines, à avilir sa population et à conduire ces zones vers
l’abîme.
Si pour certains
Africains, la prière et l’abandon du « pour soi » sont devenus les
seuls signes de résignation à la fatalité, si pour d’autres , le désir
d’exister et donc de faire chemin avec la France par la traîtrise, le culte de soumission
aveugle, la castration par des sectes venues de la métropole française pour
bénéficier des faveurs de cette France orgueilleuse de son histoire coloniale,
il n’en demeure pas moins que pour d’autres, il vaudrait mieux mourir en
martyrs-héros que de se laisser animaliser par ces fauves humains de notre ère.
Aujourd’hui plus
que jamais, la France devrait s’interroger sur sa place dans cette Afrique qui
tend à vouloir prendre ses distances. Si elle ne sait pas s’interroger, il y a
des raisons évidentes qu’il faudrait mettre au devant de la scène pour que
cette France comprenne justement pourquoi, elle n’est plus la bienvenue en
Afrique en général et particulièrement en Afrique francophone. Dans le cas
contraire, le France ferait ce qu’aucun pays n’ait jamais fait dans son
histoire, faire de toute la population française, une population militaire de
sorte que, partout où un français se retrouve en Afrique, qu’il soit militaire…
soit un militaire français pour un habitant africain et à ce prix, l’enjeu est
énorme, le coût aussi.
QU’EST-CE QUI
EXPLIQUE CETTE PRUDENCE AFRICAINE LA OU SE TROUVE LA FRANCE EN
AFRIQUE ?
Ce que la France ne
sait pas c’est que même dans les plus hautes sphères de décision au sommet des
pays africains où elle a installé ses marionnettes, elle n’est pas la
bienvenue. Pourquoi ?
1- La France ne
respecte jamais ses engagements et elle ne donne pas l’occasion à ses pantins
de promouvoir une politique visant l’intérêt général. Sa politique vise à duper
ses vis-à-vis, à les calomnier, à les laisser tomber lorsqu’elle ressent une
simple envie de vouloir faire mieux, ou de vouloir s’affranchir de sa tutelle
pour le bien de son peuple. Elle aime être le devant et le derrière des
Africains et de leurs pantins avec en prime qu’on l’appelle le bon samaritain
qui vient au secours des pauvres, donc des Africains qu’elle appauvrit derrière
ses politiques coloniales d’invasion et de prédation.
2- La France
infantilise l’Afrique. Son enseignement qu’elle a su apporter à l’Afrique est
l’histoire de Mamadou et Bineta qui apprennent à lire le Français. Ou le conte
d’un blanc debout devant des jeunes nègres aux pieds nus, le ventre ballonné,
portant des habits en haillons dans une salle de classe faite de pailles dans
une brousse africaine où à un angle est accrochée une lampe tempête et en
dessous, une table du maître portant le cartable et les ardoises des enfants
nègres qui y ont dessiné en lettre les mots A, B, C… déformés. Dans ce
processus d’infantilisation de l’Afrique depuis 69 ans, la formation
intellectuelle qu’elle a pu donner à ses pays francophones de l’Afrique
c’est : la métaphysique, l’Art et la culture, la religion, la démocratie,
les partis politiques, les biens mal acquis ; sa formation scientifique, a
été par-dessus tout le VIH-SIDA, la pornographie, les mauvaises mœurs ; sa
formation agricole, culture du café-cacao, banane, hévéa et la déforestation,
enfin sa formation industrielle, création des industries de bière et de vin de
qualité... les exemples sont légions…
COMME
CONSEQUENCES DE CETTE INFANTILISATION DE L’AFRIQUE FRANCOPHONE …
a) lorsque dans la
classe politique africaine il n’y a pas d’entente, au lieu de s’asseoir autour
d’une même table pour trouver une solution comme les populations indigènes le
font au quotidien sous l’arbre à palabres, elle se dirige à Paris pour y
trouver une solution.
b) les maux les
plus connus dans la santé publique c’est le VIH, les IST, et aujourd’hui, il
est plus conseillé à l’Africain d’aimer et de s’accoupler avec son semblable du
même sexe car c’est ça la modernité et la globalisation.
c) il faut que
l’Africain s’investisse dans la culture du café et du cacao pour ne pas affamer
la France qui ne vit que de la chocolaterie, idem pour l’hévéa pour faire
tourner Michelin…
d) et après tous
ses efforts, il faut s’enivrer dans l’alcool pour faire dormir l’esprit en paix
et se relever le lendemain sans soucis… ainsi va la France en Afrique et
lorsqu’on est malade, il faut prendre le vol – si le visa est permis – pour
aller trouver des spécialistes de santé à la métropole française.
Pour la France,
l’Afrique n’a été pensée que dans le sens de l’avilissement des mœurs et de la
personne africaine et tout ce qu’elle a pu trouver pour elle c’est le rêve, la
délation, le mensonge et l’humiliation écartant de la pensée noire toute
logique de science, de technique et de la technologie qui soutient tout
développement scientifique, industriel, économique et militaire.
Ce cliché qui a
longtemps caractérisé l’Afrique francophone et
qui continue malgré tout de traduire le mal être de l’Africain est sans
doute l’élément de trop qui fait dire à l’Afrique francophone, prophète France,
ton règne est terminé.
Mais il y a des
rêveurs qui continuent de croire dans les arcanes du pouvoir en France que
l’Afrique d’aujourd’hui est celle du passé où elle viendra au prix du canon,
des bombes, des assassinats ciblés, des génocides reprendre le contrôle de nos
destins collectifs pour continuer à nous avilir et à nous laisser pour
compte.
LA COMPOSITION DE
LA MAYONNAISE FRANÇAISE EST CONNUE DES AFRICAINS.
La France elle-même
aujourd’hui est surprise de la réussite sociale africaine même si ce n’est que
quelques exceptions africaines.
Certains colons
français, qui avaient tourné le dos à l’Afrique dans les années 90, en menant
des politiques hostiles aux jeunes Africains - à rappeler qu’avant 1990, la
France était la première destination des Africains pour les études et le
tourisme – savaient que l’Afrique était mal partie comme l’avait déjà démontré
l'agronome René Dumont dans son livre « L'Afrique noire est mal
partie » paru en 1962.
24 ans après,
lorsque ces mêmes colons refont une visite en Afrique, ils s’étonnent que
l’Afrique soit en train d’évoluer radicalement vers la voie de son émergence et
de son développement tous azimuts : des autoroutes par ci, des
infrastructures sociales par là, des unités d’industries qui naissent au
quotidien, ce qui réveille accidentellement les fauves de leur sommeil.
Pour rappel, dans
le ‘Rapport Védrine la France et l’Afrique’, Hubert Védrine, cet homme
politique qui me rappelle tristement le sang des Rwandais, cet homme d’une
perfidie énigmatique lorsqu’il aborde le sujet des Africains, cet homme célèbre
en France mais qui pour nous autres Africains devrait être en train de croupir
dans les geôles de la CPI, c’est cet homme qui revient à concocter la science
de la reconquête coloniale africaine.
Lisons ce qu’il dit dans son rapport… feuilletons la page 96, au bas de
page, il dit : « Aujourd’hui, il faut aller plus loin et plus vite.
La relation économique avec l’Afrique nécessite une véritable remobilisation
afin que la France retrouve sa place dans la compétition qui se joue en
Afrique. Pour ce faire, la France doit pleinement assumer ses intérêts en
Afrique. »
La France doit
pleinement assurer ses intérêts… il faut alimenter les guerres, tuer, piller
car il s’agit des intérêts de la France…
Justement, Hubert
Védrine se trompe de l’époque. Il faut aller plus loin et plus vite mais où
était-il depuis la deuxième guerre mondiale ou encore moins, depuis 1990?
Ce monsieur se trompe car l’Afrique qu’ils avaient abandonnée s’est résolument
tournée ailleurs et ses intérêts dépassent désormais le seuil de ses pantins
positionnés en Afrique… il n’y a plus seulement des Africains formés en France,
il y a des Africains formés en Afrique, en Asie, en Amérique latine, en Russie,
en Chine et dont les visions sont diamétralement opposées à la chère France et
à ses pantins préposés aux commandes de nos destinées.
LA REVOLUTION ASYMETRIQUE
Les Africains
gagneraient mieux désormais à coopérer ensemble et à dénoncer. La révolution
africaine des Années 90 en marquant l’histoire africaine de son empreinte a
ouvert un nouvel horizon à nos peuples. A sa marque, se sont ajoutées les nouvelles
technologies et la télévision par satellite qui sont des points boomerangs de
notre époque contre cette France imbue de sa puissance… elles nous auraient mal servi il y a 24 ans
mais elles nous servent aujourd’hui pour déballer au grand jour les œuvres
macabres de cette France et de ses pantins sur le continent. Elle n’arrive plus
à dissimuler ses preuves, elle ne sait plus comment et par où manipuler la
jeunesse africaine notamment dans les pays où le taux d’alphabétisation a
dépassé le taux de scolarisation de 65 à 80% de la population. Le gri-gri
français est tombé dans l’eau.
L’Afrique doit être
vigilante, les Africains doivent être vigilants car la France veut exploiter
les prouesses de sa sale guerre en Libye pour prendre à contre-pieds les pays
africains qui s’obstinent à ne pas suivre le meilleur exemple infligé à Laurent
Gbagbo et à Kadhafi.
Si la France ne
peut pas venir derrière les élections qu’elle a montées de toutes pièces avec
ses collabos dans les territoires jadis ses zones d’influence, elle viendra par
le soutien humanitaire aux manifestants. Elle a des tactiques obsolètes qu’elle
utilise à tort ou à raison pour remplir son cahier de charge et l’une d’elle
« la revendication pacifique des reformes », et la plus osée, c’est
la lutte contre la contrebande ou l’islamisme ou l’islamophobie… comme si d’un
revers, la France était devenu sauveur de l’Islam et des musulmans.
Dans sa tactique,
elle équipe ses collabos sur le terrain et les arrange à porter soit les tenues
militaires de l’armée loyale ou celles de la police, de la gendarmerie ou de la
douane… pour vu que ce soit en rapport avec un organe d’oppression du
gouvernement contre lequel elle a des comptes à régler.
Ses hommes,
utilisent les armes contre la population, ils tirent à tout va et contre
n’importe qui, qui peut se trouver là à ce mauvais moment… il y a dans cet
élan, ses gens qui filment soit avec des téléphones portables ou des cameras
qu’ils postent sur des réseaux sociaux anonymes qui sont repris par l’AFP,
France 24, Euronews, etc. et l’opprobre est jetée contre le gouvernement ciblé…
les morts sont comptés aux torts exclusifs du gouvernement. Ensuite arrive le
pompier France soutenu par la ‘communauté internationale’ (le Conseil de
sécurité des Nations-Unies) pour effectivement engager une mission humanitaire
pour protéger la population civile… et c’est comme ça que la France se
réinstalle derrière sa mission humanitaire et impose son pantin derrière une
élection collée à la joue, qui nargue le peuple.
Voila comment la
guerre humanitaire de la France s’est initiée en Libye, et c’est comme cela
qu’elle va continuer à faire dans les pays qu’elle veut conquérir à tout
ailleurs comme le recommande le génocidaire Védrine.
OU LA FRANCE
GAGNERAIT-ELLE A S’INSERER EN AFRIQUE ?
La première chose
qu’attendent les Africains de la France, ce pays historiquement au cœur de la
culture africaine après 1945, c’est le transfert de la technologie de la France
vers l’Afrique et surtout dans les pays francophones. La France devrait savoir
que le développement de l’Afrique est irréversible et qu’avant 2020, avec elle
ou sans elle, l’Afrique devrait pouvoir transformer ses matières premières sur
son sol.
La deuxième chose
que les Africains attendent de la France c’est d’arrêter de torpiller les
projets de développement de leurs pays. Que la France cesse de tricher, de
mentir et qu’elle mette son expertise de puissance dont elle se réclame en
jouant le jeu de la compétition des marchés en Afrique au lieu de venir en
pilleurs, en bandits torpiller les marchés déjà engagés par d’autres pays
notamment le Brésil, la Chine et l’Inde.
La France elle-même
doit cesser de vivre sous le couvert de l’Afrique et se jeter dans la vraie
quête technologique et scientifique en devenant comme par le passé, un
pole incontournable de la recherche. Elle ne doit pas être quémandeuse des
biens et des richesses des autres états (Qatar, Arabie Saoudite, Cote d’ivoire,
etc…).
Il faut le dire, il
faut le répéter, la France a tellement réduit les pays francophones africains
au bas de l’échelle qu’elle a cru à un moment de son histoire que l’Afrique
était son grenier. Dans sa mission, elle n’intéresse l’Afrique que lorsqu’il
s’agit de faire miroiter la vie de rêves aux Africains à travers le PMU (pari
mutuel urbain, course à chevaux), les pari-foot bref tout ce qui est fait pour
dépouiller l’Africain de son être.
Cette France doit
revoir une énième fois sa politique d’immigration tournée contre l’Afrique,
elle doit considérer les pays africains comme des partenaires et non des
dominés de l’histoire. Dans cette vision, l’Afrique sera la bienvenue à la
France et aux citoyens français.
ET L’AFRIQUE DES
AFRICAINS…
Après la
démystification de l’homme blanc par les Africains juste aux lendemains de la
première et la seconde guerre mondiale, il n’y a plus de raisons valables pour
que l’Africain continue de courber l’échine devant un Français. Ils ont fait
les mêmes écoles, les mêmes sciences métaphysiques et ont soutenu les mêmes
thèses. Il est question aujourd’hui que l’Africain accepte sa couleur de peau,
sa nature et son environnement social et géographique pour se lancer dans la
reconstruction de son patrimoine.
L’un des combats
africains de notre ère, c’est le dogme culturel français. Les Africains doivent
savoir que RFI, TV5, France 24, CFI et tous les instituts français en Afrique
ne sont pas là pour révolutionner l’Afrique. Ils sont là pour détruire le tissu
culturel africain et doivent être les premières cibles des Africains dans leur
quête d’autonomie. A cela doit s’y opposer le boycott en valorisant les moyens
culturels africains dans nos pays, nos quartiers et nos régions pour reprendre
en mains nos destins collectifs.
L’éveil de la
conscience africain est irréversible et l’Afrique plus que jamais doit faire
dire à la France que sa ‘puissance africaine’ était celle d’une autre époque…
Gilbert NKAMTO (*)
Photo : Une
Afrique qui prend conscience …
Couverture du CD ‘A
bas la françafrique’. Compilation signée Céd', avec plus de 70 artistes venus
de la France, de Belgique, de Suisse, du Gabon, de Guinée, du Maroc, du Togo,
de Côte d'Ivoire, du Sénégal ... STOP A LA FRANCAFRIQUE et à toute forme de
colonisation !!
___________________________
Correspondant du CEREDD à Tripoli, puis Yaoundé.
Secrétaire général du Conseil Panafricain du
MDPR /
Mouvement démocratique panafricain pour la
renaissance
Administrateur d’EODE Zone Afrique
+FR+1.jpg)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire