On se souvient du projet à l'époque jugé fou de G.W. Bush; l'équipe du précédent président américain avait imaginé de "remodeler" la carte du Moyen Orient, entendue de la Syrie et jusqu'à la rive Marocaine Atlantique. Il s'agissait pour la plupart de commentateurs (peu nombreux d'ailleurs à écrire sur le sujet) de reprendre les projets coloniaux du début et du milieu du siècle dernier pour redistribuer les cartes et éradiquer ce qui restait de nationalisme arabe.
Au départ de G.W. Bush, les médias s'accordèrent pour affirmer qu'une parenthèse fâcheuse de l'histoire américaine se refermait; avec Obama, embaumé avant même les premières semaines d'action, toute l'action du Département d'Etat serait dictée par la justice et l'équité, le respect du droit des peuples et des souverainetés. Le public suivait, bon gré mal gré, mais chacun aime bien se rassurer par cette idée qu'il assiste à la "Marche de l'Histoire", et il est confortable de s'associer à ce qui paraît être l'avis de la majorité.
Les mois ont passé, et les illusions avec...Guantanamo est toujours en activité, même si on en parle moins, ou plus. La situation en Irak est dramatique, chaque semaine se comptent les morts violentes par dizaines, dans l'indifférence des médias occidentaux. La guerre coloniale fait rage en Afghanistan, les Etats Européens ayant apporté un soutien important à l'Amérique. Les Etats Africains, qui espéraient une meilleure considération et reconnaissance ayant pour effet de ménager leur souveraineté sont toujours pris dans l'étau du FMI et de la Banque Mondiale. Israël n'a jamais fait preuve d'autant d'arrogance et de mépris à l'égard des institutions internationales qui pourtant ont toujours montré une grande compassion à son égard.
Et puis soudain, les émeutes en Tunisie, à la mi-décembre, qui vont éclipser les élections Ivoiriennes. Des jeunes à mains nues qui affrontent la police, en dénonçant l'absence d'emplois. Les jeux paraissent faits, puisque le rapport de force est à l'évidence du côté du pouvoir. Les européens, et au premier rang les Français, c'est-à-dire leur (nouveau) ministre des relations extérieures, affirment qu'il faut aider le gouvernement de Tunis à rétablir le calme. Nombre de nos édiles en France passent de fréquentes et douces vacances sous les cieux favorables de Djerba et Hammamet, et ils ne veulent pas compromettre leurs habitudes; il ne manquerait plus que la contamination gagne le Maroc où chaque politique et journaliste de haut rang dispose d'un Riad...
Mais surprise, voici que le Président légitimement élu, adoubé par les dirigeants européens, loué par le Directeur du FMI, prend la fuite.
Que s'est-il donc passé? Tout le monde le sait mais les grands journaux, et même Jeune Afrique, naguère jamais avare de compliments pour le régime de Tunis, n'en ont point pipé mot. Ce qui s'est passé, c'est que l'ambassade Américaine n'est pas demeurée spectatrice dans l'affaire. Un "deal" a été passé entre les généraux pour que l'armée "lâche" le Président. La police, informée de ces tractations, ne pouvait plus que garder l'arme au pied. Le sort du régime est scellé, mais aucun leader ne s'est détaché du lot, et pas le moindre projet politique; les médias occidentaux se montrent admiratifs et s'accordent pour recommander à la fois que les libertés soient garanties, et que les religieux soient tenus à l'écart.
Et aujourd'hui?
Des émeutes surgissent en Algérie, en Jordanie, en Egypte, au Yémen. Elles sont décrites comme "spontanées" alors qu'il n'en est évidemment rien, les jeunes ne s'exposant pas aux balles sur la simple invitation d'un site web!
On ne peut s'empêcher de songer à la "prophétie" de Bush. Les hommes passent à la Maison Blanche, mais les idées restent.
La pression d'Israël ne faiblit pas à l'encontre de son allié et soutien majeur. Les critiques à l'encontre du régime Iranien, qui a su résister à ce jour aux actes de terrorisme et aux assassinats, à toutes les tentatives de déstabilisation, ces critiques malgré toutes les concessions de Téhéran sur le programme nucléaire civil, deviennent de plus en plus menaçantes. La Syrie est attaquée, le Liban aussi; mais ces ingérences sont tellement maladroites que les peuples ne s'y laissent pas prendre.
Il faut ici encore rendre hommage au courage des résistants Irakiens, Palestiniens et Afghans qui par leur détermination affaiblissent leurs agresseurs et rendent difficile l'accomplissement de leurs noirs desseins.
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