lundi 7 février 2011

L’Egypte au bord du sang, par Thierry Meyssan*

Les grands médias se passionnent pour les manifestations en Egypte et prédisent l’avènement de la démocratie à l’occidentale dans tout le Proche-Orient. Thierry Meyssan s’inscrit en faux contre cette interprétation. Selon lui, des forces contradictoires sont en mouvement et leur résultante est dirigée contre l’ordre états-unien dans la région.

Depuis une semaine les médias occidentaux se font l’écho des manifestations et de la répression qui agitent les grandes villes égyptiennes. Ils établissent un parallèle avec celles qui ont conduit au renversement de Zine el-Abidine Ben Ali en Tunisie et évoquent un vent de révolte dans le monde arabe. Toujours selon eux, ce mouvement pourrait s’étendre à la Libye et à la Syrie. Il devrait profiter aux démocrates laïques et non pas aux islamistes, poursuivent-ils, car l’influence des religieux a été surestimée par l’administration Bush et le « régime des mollah » en Iran est un repoussoir. Ainsi s’accomplira le voeux de Barack Obama à l’université du Caire : la démocratie règnera sur le Proche-Orient.

Cette analyse est fausse en tous points.

* D’abord premièrement, les manifestations ont commencé en Egypte depuis plusieurs mois. Les médias occidentaux n’y faisaient pas attention parce qu’ils pensaient qu’elles ne déboucheraient sur rien. Les Egyptiens n’ont pas été contaminés par les Tunisiens, mais ce sont les Tunisiens qui ont ouvert les yeux des Occidentaux sur ce qui se passe dans cette région.

*Deuxièmement, les Tunisiens se sont révoltés contre un gouvernement et une administration corrompus qui ont mis progressivement toute la société en coupe réglée privant de tout espoir des classes sociales toujours plus nombreuses. La révolte égyptienne n’est pas dirigée contre ce mode d’exploitation, mais contre un gouvernement et une administration qui sont tellement occupés à servir des intérêts étrangers qu’ils n’ont plus l’énergie pour répondre aux besoins basiques de leur population. Au cours des dernières années l’Egypte a connu de nombreuses émeutes, soit contre la collaboration avec le sionisme, soit provoquées par la faim. Ces deux sujets sont intimement liés. Les manifestants évoquent pêle-mêle les accords de Camp David, le blocus de Gaza, les droits de l’Egypte dans les eaux du Nil, la partition du Soudan, la crise du logement, le chômage, l’injustice et la pauvreté.

En outre, la Tunisie était administrée par un régime policier, tandis que l’Egypte l’est par un régime militaire. Je dis ici « administré » —et non pas « gouverné »— car dans les deux cas, il s’agit d’Etats sous tutelle post-coloniale, privés de politique étrangère et de défense indépendante.

Il s’ensuit qu’en Tunisie, l’armée a pu s’interposer entre le Peuple et la police du dictateur, alors qu’en Egypte, le problème se réglera au fusil automatique entre militaires.

* Troisièmement, si ce qui se passe en Tunisie et en Egypte est un encouragement pour tous les peuples opprimés, ces derniers ne sont pas ceux que les médias occidentaux imaginent. Pour les journalistes, les méchants ce sont les gouvernements qui contestent —ou font semblant de contester— la politique occidentale. Tandis que pour les peuples, les tyrans sont ceux qui à la fois les exploitent et les humilient. C’est pourquoi, je ne pense pas que nous allons assister aux mêmes révoltes à Damas. Le gouvernement de Bachar el-Assad est la fierté des Syriens : il s’est rangé du côté de la Résistance et a su préserver ses intérêts nationaux sans jamais céder aux pressions. Surtout, il a su protéger le pays du sort que lui réservait Washington : soit le chaos à l’irakienne, soit le despotisme religieux à la saoudienne. Certes, il est très contesté dans plusieurs aspects de sa gestion, mais il développe une bourgeoisie et les processus de décision démocratique qui vont avec. En revanche, pour ce qui est du monde arabe, des Etats comme la Jordanie et le Yémen sont instables, et la contagion peut aussi atteindre l’Afrique noire, le Sénégal par exemple.

- Quatrièmement, les médias occidentaux découvrent tardivement que le danger islamiste est un épouvantail à moineaux. Encore faut-il admettre qu’il a été activé par les Etats-Unis de Clinton et la France de Mitterrand dans les années 90 en Algérie, puis a été gonflé par l’administration Bush consécutivement aux attentats du 11-Septembre, et alimenté par les gouvernements néo-conservateurs européens de Blair, Merkel et Sarkozy.

Il faut aussi admettre qu’il n’y a rien de commun entre le wahhabisme à la saoudienne et la Révolution islamique de Rouhollah Khomeiny. Les qualifier tous deux d’« islamistes », ce n’est pas simplement absurde, c’est s’interdire de comprendre ce qui passe.

Les Seoud ont financé, en accord avec les Etats-Unis, des groupes musulmans sectaires prônant un retour à l’image qu’ils se font de la société du VIIe siècle, au temps du prophète Mahomet. Ils n’ont pas plus d’impact dans le monde arabe que les Amish aux Etats-Unis, avec leurs carrioles à cheval.

La Révolution de Khomeiny ne vise pas à instaurer une société religieuse parfaite, mais à renverser le système de domination mondiale. Elle affirme que l’action politique est un moyen pour l’homme de se sacrifier et de se transcender, et par conséquent que l’on peut trouver dans l’islam l’énergie nécessaire au changement.

Les peuples du Proche-Orient ne veulent pas remplacer les dictatures policières ou militaires qui les écrasent par des dictatures religieuses. Il n’y a pas de danger islamiste. Simultanément, l’idéal révolutionnaire islamique qui a déjà produit le Hezbollah dans la communauté chiite libanaise, influence désormais le Hamas dans la communauté sunnite palestinienne. Il peut tout à fait jouer un rôle dans les mouvements en cours, et il en joue déjà un en Egypte.

* Cinquièmement, n’en déplaise à certains observateurs, même si nous assistons à un retour de la question sociale, ce mouvement ne peut être réduit à une simple lutte des classes. Bien sûr, les classes dominantes craignent les révolutions populaires, mais les choses sont plus compliquées. Ainsi, sans surprise, le roi Abdallah d’Arabie saoudite a téléphoné au président Obama pour lui demander de stopper ce désordre en Egypte et de protéger les gouvernements en place dans la région, le sien en priorité. Mais ce même roi Abdallah vient de favoriser un changement de régime au Liban par la voie démocratique. Il a abandonné le milliardaire libano-saoudien Saad Hariri et a aidé la coalition du 8-Mars, Hezbollah compris, à lui substituer comme Premier ministre un autre milliardaire libano-saoudien Najib Mikati. Hariri avait été élu par des députés représentant 45 % de l’électorat, tandis que Mikati vient d’être élu par des parlementaires représentant 70 % de l’électorat. Hariri était inféodé à Paris et Washington, Mikati annonce une politique de soutien à la Résistance nationale. La question de la lutte contre le projet sioniste est actuellement surdéterminante par rapport aux intérêts de classe. En outre, plus que la répartition des richesses, les manifestants mettent en cause le système capitaliste pseudo-libéral imposé par les sionistes.

Depuis une semaine les médias occidentaux se font l’écho des manifestations et de la répression qui agitent les grandes villes égyptiennes. Ils établissent un parallèle avec celles qui ont conduit au renversement de Zine el-Abidine Ben Ali en Tunisie et évoquent un vent de révolte dans le monde arabe. Toujours selon eux, ce mouvement pourrait s’étendre à la Libye et à la Syrie. Il devrait profiter aux démocrates laïques et non pas aux islamistes, poursuivent-ils, car l’influence des religieux a été surestimée par l’administration Bush et le « régime des mollah » en Iran est un repoussoir. Ainsi s’accomplira le voeux de Barack Obama à l’université du Caire : la démocratie règnera sur le Proche-Orient.

Cette analyse est fausse en tous points.

D’abord premièrement, les manifestations ont commencé en Egypte depuis plusieurs mois. Les médias occidentaux n’y faisaient pas attention parce qu’ils pensaient qu’elles ne déboucheraient sur rien. Les Egyptiens n’ont pas été contaminés par les Tunisiens, mais ce sont les Tunisiens qui ont ouvert les yeux des Occidentaux sur ce qui se passe dans cette région.

* Deuxièmement, les Tunisiens se sont révoltés contre un gouvernement et une administration corrompus qui ont mis progressivement toute la société en coupe réglée privant de tout espoir des classes sociales toujours plus nombreuses. La révolte égyptienne n’est pas dirigée contre ce mode d’exploitation, mais contre un gouvernement et une administration qui sont tellement occupés à servir des intérêts étrangers qu’ils n’ont plus l’énergie pour répondre aux besoins basiques de leur population. Au cours des dernières années l’Egypte a connu de nombreuses émeutes, soit contre la collaboration avec le sionisme, soit provoquées par la faim. Ces deux sujets sont intimement liés. Les manifestants évoquent pêle-mêle les accords de Camp David, le blocus de Gaza, les droits de l’Egypte dans les eaux du Nil, la partition du Soudan, la crise du logement, le chômage, l’injustice et la pauvreté.

En outre, la Tunisie était administrée par un régime policier, tandis que l’Egypte l’est par un régime militaire. Je dis ici « administré » —et non pas « gouverné »— car dans les deux cas, il s’agit d’Etats sous tutelle post-coloniale, privés de politique étrangère et de défense indépendante.

Il s’ensuit qu’en Tunisie, l’armée a pu s’interposer entre le Peuple et la police du dictateur, alors qu’en Egypte, le problème se réglera au fusil automatique entre militaires.

* Troisièmement, si ce qui se passe en Tunisie et en Egypte est un encouragement pour tous les peuples opprimés, ces derniers ne sont pas ceux que les médias occidentaux imaginent. Pour les journalistes, les méchants ce sont les gouvernements qui contestent —ou font semblant de contester— la politique occidentale. Tandis que pour les peuples, les tyrans sont ceux qui à la fois les exploitent et les humilient. C’est pourquoi, je ne pense pas que nous allons assister aux mêmes révoltes à Damas. Le gouvernement de Bachar el-Assad est la fierté des Syriens : il s’est rangé du côté de la Résistance et a su préserver ses intérêts nationaux sans jamais céder aux pressions. Surtout, il a su protéger le pays du sort que lui réservait Washington : soit le chaos à l’irakienne, soit le despotisme religieux à la saoudienne. Certes, il est très contesté dans plusieurs aspects de sa gestion, mais il développe une bourgeoisie et les processus de décision démocratique qui vont avec. En revanche, pour ce qui est du monde arabe, des Etats comme la Jordanie et le Yémen sont instables, et la contagion peut aussi atteindre l’Afrique noire, le Sénégal par exemple.

* Quatrièmement, les médias occidentaux découvrent tardivement que le danger islamiste est un épouvantail à moineaux. Encore faut-il admettre qu’il a été activé par les Etats-Unis de Clinton et la France de Mitterrand dans les années 90 en Algérie, puis a été gonflé par l’administration Bush consécutivement aux attentats du 11-Septembre, et alimenté par les gouvernements néo-conservateurs européens de Blair, Merkel et Sarkozy.

Il faut aussi admettre qu’il n’y a rien de commun entre le wahhabisme à la saoudienne et la Révolution islamique de Rouhollah Khomeiny. Les qualifier tous deux d’« islamistes », ce n’est pas simplement absurde, c’est s’interdire de comprendre ce qui passe.

Les Seoud ont financé, en accord avec les Etats-Unis, des groupes musulmans sectaires prônant un retour à l’image qu’ils se font de la société du VIIe siècle, au temps du prophète Mahomet. Ils n’ont pas plus d’impact dans le monde arabe que les Amish aux Etats-Unis, avec leurs carrioles à cheval.

La Révolution de Khomeiny ne vise pas à instaurer une société religieuse parfaite, mais à renverser le système de domination mondiale. Elle affirme que l’action politique est un moyen pour l’homme de se sacrifier et de se transcender, et par conséquent que l’on peut trouver dans l’islam l’énergie nécessaire au changement.

Les peuples du Proche-Orient ne veulent pas remplacer les dictatures policières ou militaires qui les écrasent par des dictatures religieuses. Il n’y a pas de danger islamiste. Simultanément, l’idéal révolutionnaire islamique qui a déjà produit le Hezbollah dans la communauté chiite libanaise, influence désormais le Hamas dans la communauté sunnite palestinienne. Il peut tout à fait jouer un rôle dans les mouvements en cours, et il en joue déjà un en Egypte.

 
* Cinquièmement, n’en déplaise à certains observateurs, même si nous assistons à un retour de la question sociale, ce mouvement ne peut être réduit à une simple lutte des classes. Bien sûr, les classes dominantes craignent les révolutions populaires, mais les choses sont plus compliquées. Ainsi, sans surprise, le roi Abdallah d’Arabie saoudite a téléphoné au président Obama pour lui demander de stopper ce désordre en Egypte et de protéger les gouvernements en place dans la région, le sien en priorité. Mais ce même roi Abdallah vient de favoriser un changement de régime au Liban par la voie démocratique. Il a abandonné le milliardaire libano-saoudien Saad Hariri et a aidé la coalition du 8-Mars, Hezbollah compris, à lui substituer comme Premier ministre un autre milliardaire libano-saoudien Najib Mikati. Hariri avait été élu par des députés représentant 45 % de l’électorat, tandis que Mikati vient d’être élu par des parlementaires représentant 70 % de l’électorat. Hariri était inféodé à Paris et Washington, Mikati annonce une politique de soutien à la Résistance nationale. La question de la lutte contre le projet sioniste est actuellement surdéterminante par rapport aux intérêts de classe. En outre, plus que la répartition des richesses, les manifestants mettent en cause le système capitaliste pseudo-libéral imposé par les sionistes.

* Sixièmement, si nous revenons au cas égyptien, les médias occidentaux se sont rués autour de Mohamed ElBaradei qu’ils ont désigné comme leader de l’opposition. C’est risible. M. ElBaradei est une personnalité agréablement connue en Europe, car il a résisté quelque temps à l’administration Bush, sans s’y opposer complètement. Il incarne donc la bonne conscience européenne face à l’Irak, qui était opposé à la guerre et a fini par soutenir l’occupation. Cependant, objectivement, M. ElBaradei c’est l’eau tiède qui a reçu le Prix Nobel de la Paix pour que Hans Blix ne l’ait pas. C’est surtout une personnalité sans aucun écho dans son propre pays. Il n’existe politiquement que parce que les Frères musulmans en ont fait leur porte-parole dans les médias occidentaux.

Les Etats-Unis ont fabriqué des opposants plus représentatifs, comme Ayman Nour, que l’on ne tardera pas à sortir du chapeau, même si ses positions en faveur du pseudo-libéralisme économique le disqualifient au regard de la crise sociale que traverse le pays.

Quoiqu’il en soit, dans la réalité, il n’existe que deux organisations de masse, implantées dans la population, qui s’opposent de longue date à la politique actuelle : les Frères musulmans d’une part et l’Eglise chrétienne copte d’autre part (même si S. B. Chenoudda III distingue la politique sioniste de Moubarak qu’il combat, du rais avec lequel il compose). Ce point a échappé aux médias occidentaux parce qu’ils ont fait récemment croire au public que les Coptes étaient persécutés par les musulmans quant ils l’étaient par la dictature de Moubarak.

Une parenthèse est ici utile : Hosni Moubarak vient de nommer Omar Souleiman comme vice-président. C’est un geste clair qui vise à rendre plus difficile son éventuelle élimination physique par les Etats-Unis. Moubarak est devenu président parce qu’il avait été désigné vice-président et que les Etats-Unis ont fait assassiner le président Anouar el-Sadate par le groupe d’Ayman al-Zawahri. Il a donc toujours refusé jusqu’à présent de prendre un vice-président par crainte de se faire assassiner à son tour. En désignant le général Souleiman, il choisit un de ses complices avec qui il a trempé les mains dans le sang de Sadate. Désormais, pour prendre le pouvoir, il ne faudra pas seulement tuer le président, il faudra aussi exécuter son vice-président. Or, Omar Souleiman est le principal artisan de la collaboration avec Israël, Washington et Londres vont donc le protéger comme la prunelle de leurs yeux.

De plus, Souleiman peut s’appuyer sur Tsahal contre la Maison-Blanche. Il a d’ores et déjà fait venir des tireurs d’élite et du matériel israéliens qui sont prêts à tuer les meneurs dans la foule.

* Septièmement, la situation actuelle dévoile les contradictions de l’administration US. Barack Obama a tendu la main aux musulmans et appelé à la démocratie lors de son discours à l’université du Caire. Toutefois aujourd’hui, il mettra tout en oeuvre pour empêcher des élections démocratiques en Egypte. S’il peut s’accommoder d’un gouvernement légitime en Tunisie, il ne le peut pas en Egypte. Des élections profiteraient aux Frères musulmans et aux Coptes. Elles désigneraient un gouvernement qui ouvrirait la frontière de Gaza et libérerait le million de personnes qui y sont enfermées. Les Palestiniens, soutenus par leurs voisins, le Liban, la Syrie et l’Egypte, renverseraient alors le joug sioniste.

Ici, il faut signaler qu’au cours des deux dernières années, des stratèges israéliens ont envisagé un coup tordu. Considérant que l’Egypte est une bombe sociale, que la révolution y est inévitable et imminente, ils ont envisagé de favoriser un coup d’Etat militaire au profit d’un officier ambitieux et incompétent. Ce dernier aurait alors lancé une guerre contre Israël et échoué. Tel-Aviv aurait ainsi pu retrouver son prestige militaire et récupérer le mont Sinaï et ses richesses naturelles. On sait que Washington est résolument opposé à ce scénario, trop difficile à maîtriser.

En définitive, l’Empire anglo-saxon reste arrimé aux principes qu’il a fixé en 1945 : il est favorable aux démocraties qui font « le bon choix » (celui de la servilité), il est est opposé aux peuples qui font « le mauvais » (celui de l’indépendance).

Par conséquent, s’ils le jugent nécessaire, Washington et Londres soutiendront sans état d’âme un bain de sang en Egypte, pourvu que le militaire qui l’emporte sur les autres s’engage à pérenniser le statu quo international.


Thierry Meyssan

Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).

jeudi 27 janvier 2011

Conférence de Presse de : Me. Jourdain Dominique sur les Conséquences de la guerre sur les enfants ; cas de l’ «Arche de Zoé ».


Revue de l’intervention de Me Dominique Jourdain sur le dossier « Arche de Zoé » à N’Djamena au Tchad le 1er octobre 2010 dernier.  

Près de trois années après ce fait divers retentissant connu sous le nom de « l'Affaire de l'Arche de Zoé » le recul permet de s'interroger: a-t-on tiré tous les enseignements? Quel sens et quelle portée concernant l’événement qui a donné lieu à des jugements devenus désormais définitifs et qui ont reconnu le caractère criminel des faits.

Un Français peut-il être habilité à mener un débat sur ce thème?

En tant qu'avocat chargé avant tout, d'affaires familiales, et parce que mes travaux m'avaient conduit à une réflexion approfondie sur la place de l'enfant au sein du conflit judiciaire, mon attention a été appelée dès que la presse s'est fait l’écho de l'événement en France. Un groupe d'humanitaires Français qui s'apprêtaient à secourir des enfants victimes de la guerre venait d'être arrêtés au Tchad et étaient emprisonnés.


Les «humanitaires» en cause avaient en effet embarqué avec eux des journalistes et choisissaient la stratégie médiatique à outrance pour mobiliser en leur faveur l'opinion internationale.

C'était ma marque d'un ego assez conséquent, de l'arrogance dans la conviction qu'ils servaient une cause juste, et c'était aussi prendre de gros risques. L'arrogance était illustrée par des déclarations du genre «on agit d'abord, on réfléchit après». C'est exactement ce que disent les psychopathes. Le risque était au niveau de la solidarité du groupe choisie comme stratégie de défense: il n'y avait pas de hiérarchie et tous les six formaient un seul bloc.


Les juges Tchadiens ont répondu sans ambiguïté: une peine unique pour tous de huit années de travaux forcés.

S'il y a eu « affaire » c'est grâce à la volonté et la pugnacité des autorités du pays. Il fallait aux services de police oser mettre obstacle à une opération qui avait toutes les apparences de la légitimité: des vrais pompiers habillés en pompiers, un vrai médecin et des vraies infirmières. Et des slogans tout à fait vendables: on est là pour sauver des enfants.


Le grain de sable est venu du fait des travailleurs sociaux Tchadiens qui ont réalisé qu'ils étaient trompés: on leur avait assuré que les enfants qu'ils devaient récupérer dans la région seraient scolarisés localement; et il s'avérait qu'ils étaient tout bonnement destinés «à l'exportation». C'en était trop et l'alerte fut donnée. Et l'écho rencontré auprès des autorités.

L'opération qui vraisemblablement avait eu la bénédiction des pouvoirs publics français faisait long feu.

J’ai pressenti dès le début qu'il faudrait contrebalancer l'impact médiatique positif souhaité par les pseudo-humanitaires  qui avaient fait choix d'avocats réputés pour leurs connections avec la presse de l'hexagone.

J'ai fait part de mon analyse à des amis militants africains des droits de l'homme. Et les blogs ici et là ont commencé à dénoncer le «colonialisme compassionnel» selon l'expression d'un député écologiste. Le soutien aux activistes mercenaires n'a pas duré.


La lecture de l’événement selon moi est à deux niveaux.

Nous savons que les enfants enlevés n'étaient pas des victimes de conflits, n'étaient pas orphelins ni Soudanais. Mais quoi qu'il en soit, quelle allait être la conséquence pour chacun d'eux de ce rapt réalisé dans des circonstances hallucinantes et traumatiques (mise en scène médicale)?

 
Il faut faire appel aux données de la psychologie. L'individu ne peut se structurer affectivement et avec harmonie qu'au sein du groupe familial ou socio familial. Sauf si ses parents ou gardiens sont gravement défaillants. Et dans cette hypothèse ce sont les services locaux de protection de l'enfance qui vont pourvoir à son éducation.

En effet le sujet, l'individu n'est pas seulement héritier de caractéristiques physiques ou physiologiques venues de ses parents, mais aussi et surtout de l'histoire familiale et c'est cette histoire qui constitue son identité. Cette histoire est inscrite au plus profond de sa mémoire et il ne peut se construire en la reniant même volontairement.


Et je suis persuadé que l'adoption, que l'islam à juste titre a proscrit, est une infamie surtout lorsqu'elle concerne un enfant qui est arraché à sa culture pour être déporté sur d'autres continents; tôt ou tard il ressentira une culpabilité d'avoir renié les siens.

C'est la première dimension.

L'autre grille de lecture est évidemment plus sociologique et politique. Quel est le sens d'une action qualifiée d'humanitaire qui prend place sans avoir l'appui et la reconnaissance de l'Etat concerné?


Rendre public mondialement le transfert d'enfants de l'Afrique vers l'Europe dans le but officiel de les sauver signifie simplement que des régions d'Afrique ne sont pas dignes d'élever leurs enfants. Que le bonheur, que le salut, est en occident. Et que si les dirigeants des états africains sont défaillants dans leur mission essentielle, il est normal qu'au nom du respect des droits de l'homme, la France vienne y mettre bon ordre. Ces états peuvent être maintenus sous tutelle!


Et ce d'autant que ces états disposent de ressources dont l'Europe a besoin.

C'est toute la question de la mystification des Droits de l'Homme. Dont les occidentaux font une doxa et une religion séculière.

Le principe de souveraineté et d'intégrité territoriale a été transgressé.

Le principe de droit d'ingérence a été démonétisé.


A Paris se trouve une communauté Malienne importante et dont le sort est souvent dénoncé (habitats insalubres, meublés qui sont l'objet d'incendies aux conséquences fatales).

Imaginons un instant que le Mali envoie des ONG pour venir secourir ses ressortissants?

Les criminels de l'Arche de Zoé n'ont pas séjourné longtemps en prison et ont repris leurs activités. Ils ne sont pas quittés pour autant et seront jugés pour escroquerie.

Les familles Tchadiennes n'ont pas reçu les indemnités que les juges d'Abéché leur avaient accordées.

Mais si le dossier n'est pas archivé, l'affaire n'est pas close.

lundi 24 janvier 2011

Une parodie de la révolution tunisienne dite de “Jasmin”, D. J nous en fait le point.

On se souvient du projet à l'époque jugé fou de G.W. Bush; l'équipe du précédent président américain avait imaginé de "remodeler" la carte du Moyen Orient, entendue de la Syrie et jusqu'à la rive Marocaine Atlantique. Il s'agissait pour la plupart de commentateurs (peu nombreux d'ailleurs à écrire sur le sujet) de reprendre les projets coloniaux du début et du milieu du siècle dernier pour redistribuer les cartes et éradiquer ce qui restait de nationalisme arabe.

Au départ de G.W. Bush, les médias s'accordèrent pour affirmer qu'une parenthèse fâcheuse de l'histoire américaine se refermait; avec Obama, embaumé avant même les premières semaines d'action, toute l'action du Département d'Etat serait dictée par la justice et l'équité, le respect du droit des peuples et des souverainetés. Le public suivait, bon gré mal gré, mais chacun aime bien se rassurer par cette idée qu'il assiste à la "Marche de l'Histoire", et il est confortable de s'associer à ce qui paraît être l'avis de la majorité.

Les mois ont passé, et les illusions avec...Guantanamo est toujours en activité, même si on en parle moins, ou plus. La situation en Irak est dramatique, chaque semaine se comptent les morts violentes par dizaines, dans l'indifférence des médias occidentaux. La guerre coloniale fait rage en Afghanistan, les Etats Européens ayant apporté un soutien important à l'Amérique. Les Etats Africains, qui espéraient une meilleure considération et reconnaissance ayant pour effet de ménager leur souveraineté sont toujours pris dans l'étau du FMI et de la Banque Mondiale. Israël n'a jamais fait preuve d'autant d'arrogance et de mépris à l'égard des institutions internationales qui pourtant ont toujours montré une grande compassion à son égard.

Et puis soudain, les émeutes en Tunisie, à la mi-décembre, qui vont éclipser les élections Ivoiriennes. Des jeunes à mains nues qui affrontent la police, en dénonçant l'absence d'emplois. Les jeux paraissent faits, puisque le rapport de force est à l'évidence du côté du pouvoir. Les européens, et au premier rang les Français, c'est-à-dire leur (nouveau) ministre des relations extérieures, affirment qu'il faut aider le gouvernement de Tunis à rétablir le calme. Nombre de nos édiles en France passent de fréquentes et douces vacances sous les cieux favorables de Djerba et Hammamet, et ils ne veulent pas compromettre leurs habitudes; il ne manquerait plus que la contamination gagne le Maroc où chaque politique et journaliste de haut rang dispose d'un Riad...

Mais surprise, voici que le Président légitimement élu, adoubé par les dirigeants européens, loué par le Directeur du FMI, prend la fuite.

Que s'est-il donc passé? Tout le monde le sait mais les grands journaux, et même Jeune Afrique, naguère jamais avare de compliments pour le régime de Tunis, n'en ont point pipé mot. Ce qui s'est passé, c'est que l'ambassade Américaine n'est pas demeurée spectatrice dans l'affaire. Un "deal" a été passé entre les généraux pour que l'armée "lâche" le Président. La police, informée de ces tractations, ne pouvait plus que garder l'arme au pied. Le sort du régime est scellé, mais aucun leader ne s'est détaché du lot, et pas le moindre projet politique; les médias occidentaux se montrent admiratifs et s'accordent pour recommander à la fois que les libertés soient garanties, et que les religieux soient tenus à l'écart.

Et aujourd'hui?

Des émeutes surgissent en Algérie, en Jordanie, en Egypte, au Yémen. Elles sont décrites comme "spontanées" alors qu'il n'en est évidemment rien, les jeunes ne s'exposant pas aux balles sur la simple invitation d'un site web!

On ne peut s'empêcher de songer à la "prophétie" de Bush. Les hommes passent à la Maison Blanche, mais les idées restent.

La pression d'Israël ne faiblit pas à l'encontre de son allié et soutien majeur. Les critiques à l'encontre du régime Iranien, qui a su résister à ce jour aux actes de terrorisme et aux assassinats, à toutes les tentatives de déstabilisation, ces critiques malgré toutes les concessions de Téhéran sur le programme nucléaire civil, deviennent de plus en plus menaçantes. La Syrie est attaquée, le Liban aussi; mais ces ingérences sont tellement maladroites que les peuples ne s'y laissent pas prendre.

Il faut ici encore rendre hommage au courage des résistants Irakiens, Palestiniens et Afghans qui par leur détermination affaiblissent leurs agresseurs et rendent difficile l'accomplissement de leurs noirs desseins.

CRISE IVOIRIENNE OU LE PRELUDE A LA GUERRE CHINE-OCCIDENT

La Chine acceptera-t-elle de financer l’Europe et les USA pour la combattre en Afrique ?
Par Prof. Jean-Paul Pougala (*)
Genève le 11 Janvier 2011


Depuis le début de la crise ivoirienne, tout et son contraire ou presque ont été dits. Les Occidentaux soutiennent presque tous M. Ouattara qu’ils appellent « Président élu » alors que les Africains soutiennent presque tous le président sortant Gbagbo qu’ils désignent par « Président Réélu ». Au-delà des choix partisans pour l’un ou l’autre président élu ou réélu, il est intéressant de constater qu’il y a une autre bataille celle là à distance qui est en train de se jouer entre la Chine et l’occident en Côte d’Ivoire. A travers des appuis militaires directs ou indirects. L’occident défend une vieille idée de l’Afrique dans laquelle il contrôle tout à travers ses hommes de mains et s’accommodent volontiers d’une misère de masse. La Chine est celle qui veut changer la donne et faire de l’Afrique la vitrine de sa puissance économique et militaire hors d’Asie. Ce qui froisse fortement l’Union Européenne et les USA. Mais ces derniers ont-ils la force et l’énergie pour résister longtemps au rouleau compresseur chinois qui a malencontreusement décidé de faire de l’Afrique un des piliers de sa superpuissance en construction ? Exactement comme les USA avaient fait de l’Europe il y a 66 ans.
Pour les Africains, les deux personnages de notre feuilleton symbolisent deux conceptions opposées de la politique africaine.  M. Ouattara,  se définit comme « Houphouëtiste », c’est-à dire quelqu’un qui était ouvertement contre les Etats-Unis d’Afrique. En 1963, son mentor Houphouët Boigny était avec l’ancien président Sénégalais Léopold Sedar Senghor les 2 principaux fossoyeurs du rêve de Kwame Nkrumah de créer immédiatement les Etats-Unis d’Afrique. Pour Senghor et Houphouët la relation avec la France était plus importante que toute nécessité d’autonomie africaine. Ce dernier avait alors prononcé la célèbre phrase : « Ils disent qu’ils vont unir l’Afrique du Cape au Caire. Il le feront sans nous, sans ma Côte d’Ivoire ». La suite on la connaît : l’OUA est née comme une nullité avec un seul programme cher à Senghor et Boigny : « intangibilité des frontières héritées de la colonisation européenne » et adieu le vieux rêve de Nkrumah contenu dans son livre prémonitoire publié en 1961 du titre : AFRICA MUST UNITE (l’Afrique doit s’unir si elle ne veut pas connaître famine, pauvreté et guerres). Mettre fin à la triste parenthèse de l’OUA était une priorité pour Gbagbo dès son arrivée au pouvoir en 2000 pour passer à la nouvelle Union Africaine (en 2002) comme étape intermédiaire vers la création des Etats-Unis d’Afrique. Aujourd’hui, M. Ouattara continue dans la même voie de Houphouët : il ignore les institutions de la Côte d’Ivoire (le Conseil Constitutionnel) et préfère attendre sa légitimité de Paris ou de Washington.  Il demande à une partie du monde de venir faire la guerre pour tuer une partie du peuple ivoirien. Il demande d’affamer les fonctionnaires ivoiriens en les privant de leur salaire. Il demande à la France d’organiser des commandos sous le couvert de la CEDEAO, et comme Houphouët, il n’a jamais expliqué ce qu’il compte offrir à la France en retour.
Aux apprentis sorciers de la théorie des guerres éclair, j’ai envie de dire : aucune élection, aucune personne ne mérite qu’il y ait une seule vie de perdue. Les hommes passent, les empires disparaissent. Mais les cicatrices d’une guerre ne finissent jamais. L’Irak peut-il nous servir de leçon ? En Birmanie (Myanmar) en 2000 un vainqueur des élections présidentielles a été privé de sa victoire, pire, privé de liberté depuis 10 ans, Mme Aung San Suu Kyi s’est contenté en silence d’un prix Nobel de la paix, sans jamais exiger une quelconque intervention de l’extérieur pour aller déloger les usurpateurs du pouvoir. La victoire de Mme Aung San Suu Kyi validée par la Cour Constitutionnelle Birmane est-elle moins importante que la défaite de M. Ouattara déclarée perdant par le Conseil Constitutionnel de son pays ?


3 Exemples hors d’Afrique pour élucider mes propos :

Le 19 décembre 2010, on a voté en Biélorussie, le président sortant a proclamé qu’il a gagné avec 72% et a aussitôt mis en prison les dirigeants de l’opposition. Y a-t-il un seul pays Européen qui a menacé ce pays d’utiliser la force pour déloger Alexander Loukachenko au pouvoir depuis 16 ans ? L’Union Européenne n’a prévu aucun plan militaire pour aller déloger le dictateur. La raison est simple : les 27 pays de l’Union Européenne ont à cœur la valeur de la vie de leurs frères et sœurs de la Biélorussie. C’est à chacun de soigner ses intérêts et les Européens considèrent la vie humaine en Biélorussie plus importante qu’un dictateur qui s’en ira tôt ou tard.

Le Secrétaire Général des Nations Unies M. Ban Ki-Moon et le Représentant de l’ONU en Côte d’Ivoire M. Y Choi sont tous les deux citoyens d’un pays divisé en deux, la Corée. Il y a un des deux présidents Kim Jong-Il qu’ils disent fou et un danger permanent pour sa propre population et pour ses voisins. Mais pour Kim, M. Y Choi et M. Ban Ki-Moon ont toujours justement prôné la retenue. A ceux qui veulent faire la guerre en Côte d’Ivoire, j’ai deux questions : En quoi la vie d’un Coréen serait-elle plus précieuse à préserver que celle d’un Ivoirien ? En quoi la mort des populations civiles en Côte d’Ivoire serait-elle moins grave qu’en Corée ? En quoi Laurent Gbagbo est-il plus dangereux pour ses voisins que le dirigeant Nord-Coréen M. Kim Jong-Il au pouvoir hérité de son père depuis 17 ans et qui lui-même l’avait exercé pendant 46 ans jusqu’à sa mort et qu’il s’apprête à passer à son fils ?


M. Laurent Gbagbo entrera-t-il dans l’histoire comme un dirigeant médiocre, méchant, valeureux ou éclairé ? Nul ne pourra le dire. Ce que nous savons par contre, c’est qu’il est l’homme qui symbolise le mieux les frustrations des Européens et des Africains. La crise Ivoirienne s’est vite transformée en une crise raciale entre les Blancs et les Noirs, entre l’Afrique et l’Europe. Avec cette fois-ci un 3ème larron, la Chine en embuscade.

Le jour précis (17/12/2010) où l’Union Européenne annonçait d’avoir à l’unanimité choisi le camp de Ouattara dans la crise Ivoirienne, contre Laurent Gbagbo, la Chine nous annonçait d’être devenue la première partenaire commerciale du continent africain en publiant les chiffres de 10 mois d’échanges avec les pays Africains. Il en ressort une augmentation du volume d’affaires à 20 milliards de dollars avec l’Angola faisant de ce pays son premier partenaire africain sur le plan commercial, mais aussi militaire. Et le hasard veut justement que l’Angola soit le pays qui soutient militairement les Forces de Défense et de Sécurité de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Et c’est ce même jour que le général Chinois de division Jia Xiaoning, directeur adjoint du bureau des affaires étrangères au ministère chinois de la Défense était reçu en audience au Cameroun par le Président Biya. Ont-ils parlé de la crise ivoirienne ? La chine peut-elle aider financièrement l’Europe pour sortir de la crise économique et accepter qu’elle utilise cet argent pour la combattre en Afrique ? Ce qui est sûr, c’est que c’est un scénario que l’Europe n’avait pas prévu. L’annonce la même semaine de l’avion chasseur bombardier furtif chinois le Chengdu J-20 est-elle un simple hasard de calendrier ou un message militaire lancé aux USA et à l’Europe ? Le message a été bien reçu à Washington, puisque le nouveau avion militaire furtif F-35 en préparation devant remplacer le F-22 est déjà jugé obsolète et on parle déjà de l’abandon du projet avec des milliers d’emplois à risque, à cause de la nouvelle barre technologique très haute que la Chine vient d’imposer à l’industrie de l’armement américaine jusqu’ici considérée la plus avancée du monde. Selon les experts militaires américains, le J-20 chinois doté de gros missiles antinavires est spécialement conçu pour détruire les nouveaux 10 porte-avions américains en construction jusqu’en 2058. On comprend dès lors pourquoi le porte-avion français Mistral qui en ce moment fait route vers Abidjan pour déloger Gbagbo avant la fin du mois de janvier comme nous l’a promis Ouattara, serait détruit par le nouveau J-20 chinois en moins de 5 minutes. Pour l’instant, la Chine ne tirera pas un seul coup dans la crise ivoirienne, mais il y a à parier que la prochaine crise sera très différente, car l’hégémonie européenne qui dure depuis l’an 1.454 en Afrique vit ses dernières heures à Abidjan.

La crise ivoirienne qui n’était apparemment au départ qu’un simple démêlé entre Européens et Africains s’est très vite révélée comme l’anticipation de la bataille militaire Chine-Occident qui ne fait que commencer, sur le sol africain. C’est aussi le prélude d’une longue saison tumultueuse entre l’Afrique et l’Europe qui peine à accepter l’inexorable autonomie effective de l’Afrique, 50 ans après la parodie d’indépendance. Récemment, les généraux de l’armée chinoise sont en train de défiler un peu partout en Afrique pour tisser des accords de partenariat militaire ; à Pékin, on ne cache plus que le vrai but est de neutraliser toutes les rebellions que l’Europe organisera sur le sol Africain pour les freiner et retarder cette autonomie.

L’arrivée de la Chine sur la scène politique, économique et militaire africaine est en train de se transformer en cauchemar pour l’Europe qui en perd toute sa lucidité. Depuis 2007 l’Union Européenne a tout mobilisé pour proposer à la Chine une sorte de triangulaire pour stopper les gigantesques investissements de la Chine en Afrique. L’ex Commissaire Européen au Développement Louis Michel a fait d’incessants déplacements à Pékin pour faire mille propositions sans succès. L’Europe ne démord pas pour autant, c’est chacun des 27 qui essaye même en solo. L’homme le plus recherché à Pékin et qui donne les maux de têtes aux occidentaux s’appelle : Zhang Ming, le « Monsieur Afrique subsaharienne » du ministère chinois des Affaires étrangères. Tous le détestent et tous lui font la cour. Que lui veulent les occidentaux ? Ils lui demandent ni plus ni moins de faire semblant d’aider l’Afrique, sans vraiment passer à l’action. On lui explique que c’est cela les règles du jeu depuis 5 siècles et qu’il y a très gros à gagner. Que répond-il ? NIET. La Chine n’est intéressée par aucune triangulaire. L’Afrique qu’on disait marginalisée est remise par la Chine au centre des convoitises. Le président Chinois a visité presque tous les pays africains et certains, 3 ou 4 fois, lorsque les Présidents américains en 8 ans ne visitent que 2 ou 3 pays africains. Et sur les 27 pays de l’Union Européenne, 21 sont dirigés par des présidents qui n’ont jamais mis pied en Afrique.

L’Europe est en train de compatir dans une médiocrité des plus grotesques tentant d’embourgeoiser les Chinois en Afrique et de leur enseigner leurs vieilles recettes mesquines qui ont cloué au sol pendant 50 ans le décollage de l’Afrique, avec des slogans tout aussi burlesques et minables : « L'Union européenne et la Chine se sentent plus près de l'Afrique que tout autre continent. ». Les rares documents que nous avons entre les mains des propositions secrètes européennes à la Chine justifient toute cette panique à bord par l’inquiétude des Européens sur un probable surendettement de l’Afrique si la Chine continuait sur cette lancée. Cette thèse est complètement saugrenue. C’est comme si un interdit bancaire allait voir son banquier pour lui expliquer qu’il ne dort pas depuis des semaines parce que son voisin risque de devenir surendetté si cette même banque continuait de lui donner des crédits. Et le supplie de ne plus traiter directement avec ce voisin, mais de passer par lui afin qu’il filtre et suggère ce qui va bien pour son voisin. Le FMI a récemment refusé un crédit à la RDC au motif que le Congo reçoit des investissements chinois. Edwards Bernays dans son livre « Propagande ou l’art de Manipuler l’opinion publique en démocratie » nous enseigne que la manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le monde. L’Union Africaine doit reprendre la main en Côte d’Ivoire pour que le gouvernement invisible de l’Europe n’entrave, ne déstabilise et n’enlève à l’Afrique une des pièces maîtresses du puzzle (la Côte d’Ivoire) dont elle aura besoin pour former et bâtir le mosaïque des Etats-Unis d’Afrique. Si aujourd’hui la Côte d’Ivoire est sacrifiée pour offrir à l’Europe une consolation de répit dans sa guerre commerciale et industrielle perdue d’avance avec la Chine (comme le diktat chinois sur les terres rares), demain à qui le tour ?

La crise ivoirienne aura pour le moins, le mérite de nous donner plusieurs enseignements :

- L’ONU est une boite vide qui nécessite une complète refonte. Cette organisation est en train de se transformer en instrument de déstabilisation des nations et l’initiatrice des guerres civiles plutôt que d’être un instrument de pacification des peuples comme elle a été originellement conçue.

- La finalisation des Etats-Unis d’Afrique est un impératif qui ne peut plus attendre. Tout le processus de la fédération africaine en cours doit être accéléré pour ne pas laisser l’espace aux vieux démons de l’Afrique de faire repartir un nouveau cycle de violences, de guerres et donc de déstabilisation du continent contribuant ainsi comme durant les 50 ans précédents à détourner l’attention des vrais enjeux et des objectifs de création du bonheur pour les populations africaines.

- L’entraînement pour la première guerre mondiale du 21ème siècle entre l’Occident (Europe/USA) et la Chine se fera très probablement sur le sol africain. Le déclin des premiers ne les prive pas de l’instinct d’arrogance habituelle pour continuer d’humilier la seconde en lui intimant ce qu’elle doit faire en Afrique, sur la dévaluation du Yuan. Le ridicule ne tue pas. Ce sont les pays qui se sont trompés de politique et sont responsables d’une crise financière mondiale, qui prétendent donner des leçons à la Chine qui elle a été vertueuse dans sa gestion. Il y a une ligne rouge que tôt ou tard l’occident va traverser et ce jour là, cela va faire : Boum ! Et c’est pour ce Boum que l’Afrique sert aujourd’hui à l’un et à l’autre de terrain d’entraînement.

CONCLUSION

Il me plait de conclure avec ces deux extraits de commentaires sur la crise ivoirienne :

1- « Les colonialistes ont toujours un masque. Ils ne disent jamais du bien de vous. Ils pillent vos ressources naturelles. Ils ont commis des génocides à l’égard des Indiens d’Amérique, détruit des civilisations comme celle des Aztèques. Au nom de la liberté du commerce, ils ont imposé à la Chine trois guerres d’opium. Au nom de l’esclavage, ils sont venus imposer le travail forcé en Afrique. Aujourd’hui, c’est au nom de la justice internationale qu’ils interviennent en Côte d’Ivoire. Quelle est cette justice Internationale? Les magistrats du Tribunal Pénal International sont atteints de ce qu’on appelle un daltonisme au noir. Le dalton ne voit pas certaines couleurs. Ils ne voient que le noir. Si vous allez à la Cour internationale, tous les inculpés sont noirs, pas parce qu’il ne s’est rien passé à Gaza, pas parce qu’il ne s’est rien passé à la prison d’Abugraïb. La question que je me pose maintenant est : Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle cela ? Je ne dis pas que tout le monde est innocent, mais si ces gens sont coupables, c’est aux Africains de les juger. Pourquoi l’Afrique accepte-t-elle que ses dirigeants soient jugés par une bande de cosmopolites qui la méprisent ». Jacques Vergès Avocat Français (ancien défenseur du leader Serbe Milosevic au TPI)

- « Derrière le maintien ou non de Gbagbo au pouvoir se joue le contrôle du Golfe de Guinée, cet Eldorado pétrolier que Français ou Américains, en perte de vitesse dans le monde arabe, et unis pour cette fois, ne souhaitent pas voir passer en d’autres mains. A leurs yeux, Alassane Ouattara, ami personnel de Sarkozy, ancien directeur du FMI et gestionnaire libéral, représente un interlocuteur beaucoup plus crédible que Gbagbo le nationaliste ». Colette Braeckman, journaliste au quotidien belge Le Soir. Née en 1946, grand reporter, elle collabore aussi au "Monde Diplomatique"

Voilà pourquoi à mon avis, il n’y a jamais eu d’élection en Côte d’Ivoire, mais une parodie d’élection. Avec 300 milliards de Francs des Ivoiriens que l’Onu a jeté par la fenêtre pour un simulacre d’élection on aurait pu construire 300 hôpitaux, 1000 écoles, 50 Universités, 3.000 crèches, 5.000 dispensaires.




(*) Jean-Paul Pougala est Camerounais co-auteur du livre : L’Afrique, l’Europe et la Démocratie Internationale (ed. Federop 1990) et professeur à l’Université de Turin.

dimanche 23 janvier 2011

Tunisie : la Révolution du peuple trahie, confisquée, manipulée ...

Par Luc Michel, Bxl. 
L'ARMEE TUNISIENNE A FAIT UN COUP D'ETAT CONTROLE PAR LES AMERICAINS !


MAM : « Ce sont les Américains qui ont pris les choses en main »

Les révélations du CANARD ENCHAINE (Paris, 19 janvier 2011),

les aveux de la ministre française Alliot-Marie !

Pourquoi l'armée et la police continuent à tuer des Tunisiens ...

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La France totalement hors du coup (bravo les néocons français, une fois de plus cocus et traités comme des valets) …

Obama pense qu'un Maghreb démocratique est le rempart (sic) ctre les islamistes. Une méconnaissance totale du Maghreb !

Résultat : les islamistes tunisiens rentrent et se réorganisent.

On comprend l'adoption par les médias de l'OTAN du terme "révolution de Jasmin", qui relie le coup tunisien aux "révolutions de couleur", en fait les contre-révolutions organisées dans l'Est européen par les USA contre les régimes anti-occidentaux.

Pauvre peuple tunisien trahit à nouveau ... Sur lequel on tire à nouveau !

mercredi 5 janvier 2011

Vérité Internationale : Vœux de Maître Dominique sur gilbertroocheteau.blogspot.com

Cette année commence avec le même dégoût à l'égard des grands médias.

Considérons l'intérêt que "la communauté internationale" attache curieusement à la Côte d'Ivoire. Alors qu'elle n'a pas bronché quand les élections truquées ont affecté Haïti, le Kosovo, ou l'Egypte.

Personne n'est dupe: il s'agit de monter de toutes pièces l'équivalent d'un fait divers qui à la manière du prestidigitateur, va orienter les regards vers ce qui n'a aucun intérêt, pour pratiquer l'acte sournois en toute tranquillité. La crise financière et les augmentations d'impôts sont escamotées.

Autre exemple : l'attentat d'Alexandrie.

On impute à "la nébuleuse Al Qaeda" la responsabilité de la mort de 20 chrétiens.

Personne n'a évoqué la coïncidence entre la date de cet acte et le déclenchement de l'opération "plomb fondu". Plus de 1000 palestiniens massacrés par une armée officielle; ni poursuite, ni condamnation contre l'entité sioniste.

Pas question là non plus de mettre en relief la dictature en place au Caire, soutenue par Washington, qui fait alliance avec le sionisme pour étrangler les Gazaouis au moyen d'un blocus ignoble.

Et dans son éditorial de ce 3 janvier, Alexandre Adler stigmatisait "la Chaîne Islamiste Al Jaezira" qui ne dénonçait pas suffisamment de tels actes. Autrement dit, invitation au public occidental à tout analyser selon la grille du choc des civilisations.

Et bien entendu, l'évènement, pour autant tragique qu'il soit, est exploité aussi pour masquer les politiques sécuritaires qui se mettent partout en place et réduisent la liberté d'expression. Lorsque 20 musulmans sont tués dans un attentat en Irak, ou au Pakistan, on n'en fait mention qu'en 3 secondes juste avant la météo.

mercredi 10 novembre 2010

Autant les arabes ont terrorisé l’Afrique, autant les colons occidentaux l’ont fait et de la plus mauvaise des matières…


Je regrette déjà que vous ne l’avez pas lu dans son entier mais votre réaction soulève un autre débat qui n’était pas au centre de mon objectif mais qui est un corollaire car pose la question de la légitimité du referendum sur le sud-soudan.  
Si c’est cette question qui doit être centrée, je dirais qu’il faudrait réveiller tous les démons qui ont rongé l’Afrique. Autant les arabes ont terrorisé l’Afrique, autant les colons occidentaux l’ont fait et de la plus mauvaise des matières… 




J’ai voulu à travers mon article posé la question de la légitimité du leadership africain sur la scène internationale, la position des états africains, la position de l’UA en tant que dépositaire de la légalité du continent. Le referendum du sud-soudan, ce n’est pas les africains qui en décident… ils ne sont même pas à financer encore moins, impliquer. Voila ce que je dénonce… Où sommes-nous ? Quand sommes-nous ??? en 1884 ? Où c’est à Berlin que se scellait notre sort… où sommes-nous aujourd’hui pour que ce soit l’ONU et Obama qui se prononcent sur la division du Soudan… Et la marche vers les Etats-Unis d’Afrique ??? et que dire des autres pays qui sont tentés de subir le même sort que le Soudan… regardons chez nous-mêmes au Cameroun, tout à côté au Nigeria, en RDC… etc. Voila en gros mon interpellation… nous continuons à subir pourtant nous nous situions il y a 9 ans dans une perspective d’autonomisation complète de l’Afrique face à l’occident et face au monde impérialiste voire au monde extérieur…


Je pense qu’il faut lire l’article jusqu’au fond pour comprendre que ce n’est pas de l’antagonisme arabe/soudanais qui est question ni de la légitimité explicative du referendum mais l’enjeu de ce referendum au moment où nous, contribuables africains, investissons tellement (en matières premières, dettes, prêts, etc…) pour soutenir la marche du continent vers les Etats-Unis d’Afrique bien que pour moi, en l’état de l’évolution des choses, ce n’est qu’un leurre d’autant plus l’égoïsme africain a pris le pas sur l’intérêt général continental.   
Voila en quelque sorte ce qui peut surgir de ma réaction immédiate… je vous exhorte à lire tout l’article…
Merci Monsieur pour cette réaction par rapport à mon article…

Article Afrique-Soudan: Réaction d'un de mes lecteurs...

Bonsoir Monsieur,
Je n'ai pas lu votre article dans son intégralité, mais je trouve assez curieux toute cette agitation que je juge exagéré sur le futur du Soudan.
Notre souhait est bel et bien celui de la préservation d'une Afrique uni, orienté vers une intégration plus forte, incluant le Soudan. Cela ne saurait en être autrement si nous voulons penser notre développement harmonieux respectueux du droit de tous les africains à la vie, et au respect de leur dignité.
Cette dignité de l'Homme Africain doit être respectée par tous, blancs, noirs, et arabes. Tout sans exception et sans discrimination aucune au nom de l'impératif de respect de quelque particularisme culturel, racial, linguistique.
J’en viens à cette précision pour relever qu'il y a trente ans, le peuple animiste et chrétien du sud-soudan a été humilié par la charia imposé par le Gouvernement de Khartoum sans considération aucune pour le respect du droit des sud soudanais à la vie et à l'équité socio-économique. OU ETAIENT LES ARABES POUR PLAIDER LA CAUSE DE CE PEUPLE DU SOUDAN.
Après des années de conflit et d'amorce de processus de paix connu de tous et prévoyant sous la bannière de l'ONU, médiateur accepté de tous, un référendum d'autodétermination, tout semblait serein tant qu'on savait que les dates étaient très lointaines. 2011 est là, laisser le peuple du sud-soudan se prononcer; c'est son droit le plus absolu; laissons leur droit de se déterminer après les décennies de frustration vécues. Pourquoi voulons-nous leur nier ce droit?
POURQUOI CHERCHER à voir une responsabilité des blancs de l'Onu lorsque nous savons que cette initiative ne vient que corriger la sauvagerie de traitement que des africains ont infligé à leur frère.
Je peux comprendre le désir des arabes de garder le pays frère du Soudan intègre, mais ne nous voilons pas les yeux en voulant réveiller les frustrations subies par les sud soudanais. Laissons l'ONU tranquille et continuons à demander aux africains dans leur ensemble d'être sages et d'éviter de voir dans le bonheur des autres leur malheur, nous pouvons préserver nos intérêts commun pour éviter de pleurer demain parce que Dieu aura décidé de sauver le pauvre que nous aurions frustré avant.
Cet avis n'engage que moi et je reste persuadé que tu pourrais me faire changer d'avis si tu m'apportes des arguments convainquant sortant de toute approche idéologico-religieuse.
J’attends votre réaction, je n’ai pas relu, je l'ai écrit à la hâte

dimanche 7 novembre 2010

Afrique-Soudan: Après le Congrès de Berlin de 1884, c’est désormais l’ONU qui définit la ré-partition de la carte d’Afrique.

Par Gilbert Rocheteau
Il y a bien plus de cinq décennies que l’Afrique cherche à soigner ses plaies du passé qui lui ont valu son dépècement sous forme de peau de panthère et qui dans ce processus, a porté à son paroxysme la barbarie coloniale, les guerres de souveraineté, l’apartheid, les génocides, des atrocités abjectes qu’aucune partie de notre univers n’ait autant subie.
Cela a duré depuis la Conférence de Berlin (1884-1885) sous l’égide du Chancelier Otto Van Bismarck jusqu’à nos jours où de nombreuses vies africaines se sont éteintes dans la conquête de la dignité de l’Homme noir, dans sa quête pour sa liberté mais aussi pour son autonomie inébranlable.

Chemin faisant entre la marche vers l’unité et l’impulsion vers l’union intégrale, des initiatives inédites amenées par des Africains de tout bord, la jeunesse et les mouvements estudiantins en particulier ont été entreprises pour accompagner le continent vers la voie de sa souveraineté totale et amorcer la cicatrisation des blessures occasionnées par le Congrès de Berlin.

Au moment où, manœuvré entre les querelles internes et les menaces extérieures ravitaillées par la manne naturelle dont dispose chaque pays du continent, des richesses naturelles, minières et minérales incommensurables, une aube arrive où le sort de l’Afrique se décide à New York, aux Nations Unies sous l’impulsion du nouveau homme fort du globe, notamment Barack Hussein Obama, ce fils du continent sur qui particulièrement l’Afrique et le monde aux heures de son élection aux USA ont reposé tout espoir de renaissance et de renouveau… Cet homme qui fut, il y a encore quelques temps le Prométhée, le prophète envoyé sur terre pour sauver l’humanité du poids de la misère apparaît tristement aux yeux du monde et aux yeux de nous autres citoyens africains avertis qui furent passionnés par le changement tant attendu de la politique expansionniste américaine et du yankisme, comme celui-là qui a décidé de sceller le sort de l’Afrique dans la division pour entraîner automatiquement sa perdition.

L’histoire très récente de l’Afrique explique cette lamentable évidence du continent africain. Le Soudan dans la mire d’une scission en deux états comme le pensent l’ONU et Barack Obama devrait à très court terme attiser les velléités sécessionnistes sur toute l’étendue du continent déjà que de nombreux antagonismes du genre sont en état d’hibernation depuis la mise en place des pseudos états lors des luttes pour l’indépendance pourtant la mouvance de 99 amenée par Mouammar Al Kadhafi n’espérait que l’avènement des Etats-Unis d’Afrique pour faire table-rase de toutes ces sombres années de guerres civiles et de division qu’a connues l’Afrique d’est en ouest, du nord au sud.

Pour mieux comprendre ce que le referendum sur la division du Soudan peut causer, il faut jeter un regard très attentif aux épineuses questions en état de somnolence dans de nombreux pays de l’Union africaine… à titre illustratif, la question des Berbères qui pourrit la vie politique algérienne depuis des années devrait refaire surface. Les berbères loin de rechercher la reconnaissance de l’identité berbère dans un pays dominé en grande partie par la culture arabe, devront poser la question de leur autodétermination, donc d’un referendum pour chercher à s’affranchir de la tutelle d’Alger… L’épineux problème du Sahara occidental avec le Maroc reste un contentieux sans issue et jusqu'à présent ni l’ONU ni les pays impliqués dans la résolution de ce problème, n’ont trouvé de véritables solutions… Bien qu’une légère accalmie se fasse sentir en Côte d’Ivoire, les séquelles de la division restent bien vivaces et tout reste permis d’imaginer – au cas où les politiques ne règlent pas leurs différends de la bonne des manières après les échéances électorales en cours – que le nord ivoirien ne tardera pas à réclamer son autonomie de la tutelle d’Abidjan. En Afrique centrale, le Cameroun n’est pas épargné avec cet appel incessant de la partie anglophone soit pour son ralliement au Nigeria ou sa scission du Cameroun francophone. Les plaies du génocide rwandais ne se sont pas encore cicatrisées et tout reste envisageable entre hutu et tutsi… En République Démocratique du Congo, au Nigeria, ces géants de l’Afrique noire, sont assis sur des braises et tout pourrait capoter en une fraction de seconde. Le Congo Démocratique est son propre ennemi, ses richesses minières et lui s’opposent, le peuple qui est assis sur une richesse intarissable vit la misère jamais égalée… la révolte populaire n’étant jamais loin et des régions minières comme le Katanga ne sont qu’à rêver d’une seule chose ; créer leur propre Etat… le Nigeria, pays où les religions chrétiennes et musulmanes sont constamment exposées à des tensions virulentes et barbares sans oublier également les tensions ethniques, les diversités linguistiques qui, au lieu de faire la richesse culturelle du pays demeure un leitmotiv pour déclencher des guerres tribales… sans oublier le pétrole nigérian qui ne profite qu’à une certaine classe et ouvre des brèches à des velléités sécessionnistes… Les exemples sont nombreux car l’Afrique est assise sur une poudrière. Celle-ci peut émaner d’une querelle ethnique ou tribale, d’une tension religieuse, d’une tension terrière, du déséquilibre du partage des biens et des services ou d’une crise raciale. C’est dire que l’ONU sait très bien quelle mèche tissée et qu’il suffirait d’un petit claquement d’un bâton d’allumettes pour agiter et bruler le continent déjà meurtri.

Barack Obama sait bien ce qu’il recherche lorsque du haut de la tribune des Nations Unies, il appelle le Soudan au vote de détermination. C’est clair, il jette l’opprobre sur l’aventurisme de notre Union Africaine créée pour accompagner l’Afrique dans son intégration.

On a par ailleurs du mal à percevoir la position africaine. Je veux dire d’une part l’Union Africaine elle-même en tant qu’organisation africaine qui garantit les intérêts africains, les leaders politiques africains, les chefs d’Etat de l’autre part… et je me demande où sont-ils ? Il apparait très clairement que les leaders Africains sont totalement loin des discussions qui consacreront la division du Soudan à travers le referendum prévu à cet effet.

L’Union Africaine, notre seul rempart, ce seul espoir des Africains reste inerte face aux velleités coloniales et impérialistes qui ne tardent pas à user le « bâton » lorsqu’elles recherchent ses débouchés économiques et industriels… le pétrole du sud Soudan en est une illustration… Le Sahara Occidental en est une autre puisqu’elle n’intéresse presque personne sauf le Maroc qui entendrait y prolonger son territoire et puisque le pétrole ou l’uranium ou autres ressources minières qui intéresseraient l’industrie coloniale n’y sont pas encore découvertes.

Pauvre Afrique… A quoi auraient servi les dix années de marche vers l’union et l’intégration africaine? Si le Soudan demain se dédouble, il faudrait espérer entendre dans les prochains mois les revendications sécessionnistes à caractère ethnique, économique, religieux et identitaire dans d’autres pays en Afrique. L’UA qui n’est même pas dans la condition de se positionner dans une question politique du genre dans un Etat du continent devrait continuer à perdre sa crédibilité et resterait cette coquille vide qui n’attend qu’une seul frappe de soulier pour s’émietter et remplir dans ce sens le cahier de charge stratégique des empires impérialistes qui ont juré par milles dieux la mort de l’aventure africaine pour son indépendance totale.

Attendu par l’ONU et Barack Obama au prochain référendum, le Soudan qui sans doute doit respecter l’aveu colonial va accompagner l’Afrique entière dans sa décrépitude. On doit s’attendre que les années à venir, je veux dire les siècles à venir devraient traduire le malaise empirique de l’Afrique connu dans le génocide, la barbarie, les guerres de rue et les rebellions.

Quant à l’Union Africaine qui se meurt du jour au lendemain, la marche de l’Afrique vers les Etats-Unis d’Afrique n’est plus qu’un triste souvenir et le rêve africain c’est le stoïcisme. Le seul souci pour l’instant c’est d’accepter autant que possible la situation du continent comme elle se présente au risque d’être interpellé par le Tribunal Pénal International et en l’état, dire à l’Afrique, à sa jeunesse, à tous ceux qui ont le souci de faire bouger les choses, halte… gare à quiconque lever la main ou ouvrir les yeux aux autres… le TPI est à vos trousses !

Plus rien ne donne à rêver ou à faire rêver en Afrique; l’espoir d’une renaissance africaine s’est enlisé et notre Afrique demeure la chasse gardée des forces coloniales et impérialistes.

mercredi 28 juillet 2010

N'Djaména: Allocution du Guide de la Révolution, Roi des Rois d’Afrique à la session d’ouverture du 12ème Sommet du Conseil de la Présidence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens.

"Au nom de Dieu, le Miséricordieux…
Mon cher frère, le Président Idriss Deby Itno,
Mes chers frères Présidents des Etats de la Communauté du Sahel et du Sahara… CEN-SAD ;

Tout d’abord en votre nom, je remercie infiniment notre frère le Président Idriss, le peuple tchadien et son gouvernement pour le bon accueil et les facilités pour la tenue de ce sommet à N’Djaména dans des conditions très satisfaisantes et sures. Nous le remercions également pour avoir réuni les conditions favorables afin de réaliser notre travail dans l’ombre de cette atmosphère fraternelle et très hospitalière.

Il m’est agréable de voir les changements à N’Djamena en me promenant dans la ville. J’ai remarqué qu’elle est en train de se développer. Les bâtiments en ruine et vieillissants commencent à disparaître au profit de nouvelles bâtisses. J’ai vu des Institutions financières… la banque de la Cen-sad et d’autres grandes banques avec leurs succursales… j’espère que cela doit produire les mêmes effets dans d’autres pays du Sahel et du Sahara. C’est ce que les masses, les peuples et les citoyens demandent. Ils demandent le développement, la paix, la stabilité, la dignité humaine, la fierté et l’indépendance économique et politique. C’est la revendication des peuples pour laquelle ils ont âprement luttés.

J’ai hautement apprécié la teneur du discours de mon frère le Président Idriss Deby et j’adhère à ses points de vue que nous devons considérer et nous y référer dans nos documents officiels.

Mon frère Idriss, je vous félicite pour ces réalisations qui commencent à apparaître à N’Djaména et dans tout le pays sous votre courageuse et sage direction malgré les nombreuses tentatives qui cherchent à porter atteinte à la stabilité du Tchad. Mais grâce à notre soutien, à votre courage et à l’adhésion du peuple tchadien, toutes ces tentatives sont restées vaines ; ce qui permet aujourd’hui au Tchad de suivre son chemin vers le développement et vers son édification.

J’apprécie également l’allocution de mon cher frère, le Roi Salem Qabaqibi, Roi de Savalou en République du Bénin qui nous a fait entendre la voix du peuple africain et la base populaire traditionnelle. Ces royaumes sont la véritable base sociale traditionnelle africaine. Ces royaumes et rois et leurs traditions africaines sont éternelles contrairement aux présidents et aux politiques qui changent.

Ô frères, nous sommes à la veille du sommet de l’Union africaine à Kampala. Ce que nous discutons lors de ce sommet, doit influer sur le sommet de Kampala car la Cen-sad représente la majorité écrasante de l’UA et sans les voix de la Cen-sad, l’UA ne parviendra pas à la majorité des 2/3 qui permet d’adopter toutes les décisions. Donc, la parole et la position de la Cen-sad ont une très grande importance et sont très influentes au niveau de l’UA.

Comme les décisions du sommet de la Cen-sad à N’Djamena seront influentes demain au sommet de Kampala, la création de la communauté de la Cen-sad aura été influente en Afrique. C’est elle qui rapproche et encourage la mise en place de l’UA. C’est-à-dire que la création de la Cen-sad a été un pas décisif et historique qui encourage la mise en place de l’UA juste au lendemain de sa propre création. Avant la Cen-sad, il y en avait beaucoup d’autres regroupements sans influence sur la politique africaine. C’est dire que la Cen-sad est aujourd’hui la base de l’Union africaine, la base pyramidale du continent africain. Comme vient de le souligner le frère Idriss dans son allocution, la Cen-sad s’étend de l’océan indien à l’océan atlantique et effectivement, elle s’étend des Iles Comores aux Iles de Sao Tomé et Principe. C’est cela la Cen-sad qui est la base de l’UA, même les experts de l’Afrique qui nous ont présentés leur rapport à Accra, n’ont pas souligné les points positifs pour les communautés africaines mais ils ont dit « on peut consulter le rapport – que la Cen-sad est l’unique communauté sur laquelle on peut compter en Afrique et c’est une communauté politique, économique et sociale et même idéologique... »

Nous voulons lors de cette rencontre ou cette séance, réfléchir sur nous-mêmes, sur notre valeur et le poids de notre communauté de la Cen-sad.

C’est une chose importante pour bien déterminer notre place et notre influence, chose qui aura un impact sur nous et sur les autres qui prennent en compte la communauté comme représentant la majorité écrasante sans laquelle nous n’atteignons aucun quorum à l’Union africaine. La communauté recèle de très importantes potentialités. Nous avons la volonté politique et aussi le besoin qui nous pousse à les exploiter pour une nouvelle vie prospère, digne sur les terres de la Cen-sad et en Afrique.

Nous sommes l’unique région en Afrique où se concentrent toutes les richesses contrairement aux autres presque dépourvues de ressources. Nous avons le pétrole, le gaz, l’eau, des fleuves, l’uranium, le fer, le cuivre, le phosphate, les ports sur mers et océans. Elle est plus proche de l’Europe que les autres régions. Nous avons les principales richesses animalières d’Afrique… peut-être la plus grande richesse animalière au monde se trouve dans la zone de la Cen-sad, la plus grande zone zoologique, d’élevage ainsi que les gisements de minerais que je viens de citer, sont là en quantités énormes.

A titre d’exemple, la Grande Jamahiriya, et Dieu dit- tu dois parler des Grâces de Dieu – la Jamahiriya libyenne a aujourd’hui, à cette heure, 90 milliards de USA$ en quête de marchés pour les investir. C’est une richesse pour la Cen-sad et une richesse pour l’Afrique.

Ce n’est pas de la propagande, ce sont des comptes dans les banques. Le marché libyen ne peut pas accueillir ces grands fonds. Il peut simplement accueillir une partie. Nous sommes tournés vers l’Afrique qui peut-être, pourra les accueillir et la communauté doit avoir la part du lion de ces fonds. Quand la Suisse a détruit les mosquées, nous avons retiré $7 milliards des banques suisses. Cette somme est encore entre nos mains à la recherche d’un marché autre que le marché suisse, pour les investir. Ceci nécessite une stabilité, une paix, une sécurité, une confiance et une vraie indépendance... une volonté politique et une absence de corruption.

Il ne doit pas y avoir une corruption dans l’administration et dans la politique. Il faut la stabilité, une sécurité, des institutions financières garanties qui accompagnent ces fonds et des projets utiles économiquement dans lesquels ces fonds seront investis.

C’est cela la vraie indépendance. C’est ce qui nous libérera du besoin et de tendre la main, la main de la mendicité qu’on tend aux autres qui nous la tordent et nous humilient en exigeant notre soumission envers eux afin de nous donner l’aumône.

Nous ne sommes pas créés comme ca… nous sommes leurs égaux sur terre et sous le soleil. Nos potentialités sont plus importantes que les leurs. Ils nous ont colonisés car ils avaient besoin de nous.

Pourquoi ont-ils colonisé l’Afrique ? Ils l’ont fait parce qu’ils avaient besoin de l’Afrique et de ses richesses. Ce qui veut dire que l’Afrique est riche et qu’ils sont pauvres.

Ceci exige une conscience politique africaine, une révolution africaine, un éveil africain, un éveil de conscience africaine, une conscience africaine et un débarras du complexe d’infériorité. Ils nous ont promis des milliards mais ils ne nous ont rien donné sauf l’ingérence dans nos affaires intérieures.

Mais ces 90 milliards, c’est notre argent et pas le leur. Ils sont entre nos mains, donc il faut mettre fin à la corruption, à l’insécurité et nous devons consolider la confiance entre nous afin de l’investir.

Sur le plan politique, nous allons vers le Sommet de l’Union africaine. Nous, la Cen-sad, avec ces grands moyens et cette grande majorité de sièges à l’Union africaine… nous avons un message que notre représentant le Président Idriss Deby Itno doit transmettre. Nous devons leur dire qu’il nous faut revenir aux décisions des sommets africains après la mise en place de l’Union africaine. Que nous exigeons leurs applications immédiates et le respect des engagements sans aucune déviation et sans aucun recul.

Depuis la mise en place de la commission que nous avions constituée sous la présidence de Museveni jusqu’à nos jours, nous parlons toujours de la nécessité d’accélérer la mise en place d’un gouvernement unioniste africain continental qui sera un outil pour appliquer nos décisions aux différents niveaux et un moyen pour exécuter notre politique économique, sociale et politique…

Nous œuvrons en tant qu’union et avant cela, en tant qu’organisation de l’unité africaine, sans un outil d’exécution. Nous avions un secrétariat qui existe jusqu’à maintenant… auparavant, il était appelé secrétariat et aujourd’hui on parle de commission et demain il sera appelé autorité ou autre chose…

Cependant, il reste le même : un simple secrétariat, des secrétaires, une commission… mais depuis 1963, nous n’avions pas constitué un outil fédéral continental africain qui applique les décisions des ministres dans tous les secteurs ou les décisions des sommets africains.

Après la mise en place de l’Union africaine, la nécessité de créer un outil exécutif fédéral s’est imposée. Nous avons voulu que le conseil exécutif prévu dans les statuts de l’UA… que cet outil ne soit pas composé uniquement comme il l’est aujourd’hui des ministres des affaires étrangères. Le mot exécutif veut dire une institution exécutive qui applique les décisions dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de l’enseignement, tout ce qui vit sur terre, dans l’air en mer et dans tous les autres domaines que je n’ai pas cités… et vous diriez que tous ces domaines sont des prérogatives dévolues aux ministres des affaires étrangères…

Nous n’avons pas encore constitué un conseil exécutif, ni un gouvernement fédéral mais on évoque tant de fois la nécessité de la mise en place d’un gouvernement fédéral, l’accélération de l’unité du continent, sa défense de manière commune...

Nous allons leur soumettre les décisions des sommets africains et les décisions des conseils exécutifs composés des ministres des affaires extérieures. Nous sommes obligés de revenir sur toutes ces décisions qui parlent d’un gouvernement de l’union. Nous ne voulons pas renoncer à cette revendication.

En tout cas, si certains pays sont incapables ou si leur volonté n’est pas libre, ou s’il y a des pays dont la souveraineté est hypothéquée ou qui sont inconscients, nous ne devons pas les suivre car un jour ils reprendront conscience et comprendront et seront obligés de nous rejoindre.

Sans un gouvernement africain continental qui commence dès aujourd’hui, la réalisation de l’unité africaine même si cela exige des dizaines d’années, sans la création de cet outil qui doit se faire immédiatement, nous n’avons pas d’autres choix que l’application et le respect des décisions des sommets africains, des statuts de l’Union africaine… et celui qui refuse la mise en application de ces décisions doit assumer ses responsabilités car sa position est de ce fait, illégale.

Celui qui ne veut pas respecter les statuts est dans une position illégale et doit assumer ses responsabilités. Les statuts exigent l’unité immédiate du continent et l’accélération de celle-ci par la création d’un outil de réalisation et de défense du continent.

Les décisions existent. Elles seront soumises au sommet de l’UA par le Président Idriss Deby Itno, Président en exercice de la Cen-sad qui parlera en notre nom. Nous ne voulons pas perdre le temps ni entrer dans des attaques personnelles. Il n’est donc pas nécessaire que tous les présidents de la Cen-sad se rendent à Kampala. Nous prenons part à ce sommet, nous décidons et rédigeons notre message qui sera porté par notre représentant. Notre présence est sans importance puisque nous n’aurions plus autre chose à ajouter à notre déclaration.

Quant au thème retenu pour le sommet à savoir la santé maternelle et infantile, ce thème nous ne le débattrons pas car nous ne sommes pas l’UNICEF. C’est de son domaine de compétence. En tout cas, nous devons avoir confiance en nous-mêmes, en nos capacités. L’avenir sera prospère. Inchallah, pour nos enfants et nos petits enfants. Dieu nous a créés pour être libres, forts et pour l’adorer. Nous sommes des hommes libres et non des esclaves.

Vive l’Afrique unie et forte,
Vive la communauté Sahélo-saharienne base de l’Union africaine. »